Vienne, 27 scplcmbre 1»H (F. I. 397! ad 356b
Kappobt k UAGER
l<i millions de Brignole. L'accord entre la France el l'Espagne. MeLtemiob et le projet pruseieii do Constitution de rAIIcmagac. Purlrait de DalberR. Sa parenté avec ft'ignole.
Brignole doit recevoir ces jours-ci deux millions à employer principalement à gagner le prince de Metternich à la cause de Gênes et les traites sont, paraît-il, déjà en route. En attendant, Metternich ne semble pas bien disposé en faveur de Gfees, On affirme qu'il aurait dit à Brignole que c'était déjà chose décidée et que Gênes serait attribué au roi de Sardaigne (2). Castlereagh ne lui a pas donné nno réponse catégorique. Brignole espère être plus heureux auprès d'un autre diplomate anglais, Lamb(3), si je ne me trompe.
L'Eapagne marchera complètement d'accord avec la France
l. Un autre rapport, en date du même Jour, de GcBfaatt««n i H^er iP. 1.389-1 ad 35U) Mail tout entier consacrt & l'arcirie imminente du prince Adam CMvtorjriki «l i l'espoir que les Polonais fondaient sur lui.
3. Le deuxième artiolo secret des traitis de Paris du 30 mai 1814.
3>i Minielre plénipoteuliaire srf inttrâa, i Vienne jusqu'à l'arrivée de lord Char kl Stewart.
et il semble que les deux pays ont fait revivre leurs anciens traités (1).
C'est à Berlin qu'on a élaboré le projet de la Constitution future de TAllemagne qu'Hardenberg a remis à Metternich qui Ta médiocrement goûté. Un raconte qu'il aurait passé ce très gros projet aux conseillers de la Chancellerie d'Etat en les invitant à lui faire connaître dans les vingt-quatre heures ce qu'ils en pensent.
On regrette vivement que dans des circonstances aussi graves il n'y ait plus à la Chancellerie d'Etat ni un Leykam, ni un Lehrbach, ni im Deiser (2).
On y trouve assurément des hommes connaissant à merveille la constitution et la législation administrative de l'Empire allemand, mais il n'en est aucun qui se rende un compte exact des intérêts de la Maison d'Autriche dans une pareille conjoncture et qui soit en mesure de travailler conformément aux principes du système qu'on avait eu la sagesse d'adopter.
Le Sénateur Dalberg, le neveu de l'infâme coadjuteur, est arrivé ici avec Talleyrand. Le jeune Dalberg, au fond bien disposé pour TAutriche, a dû être pour son oncle un informateur des plus précieux. Tant par lui-même que par son oncle qui vit encore, Dalberg se trouve être à peu près le seul diplomate étranger qui connaisse assez bien les relations et le système politique de la maison d'Autriche et de l'Empire allemand. Il y a donc dans les circonstances présentes, et en raison même de ce fait, tout intérêt à le gagner. C'est un homme de talent ayant des connaissances et un savoir assez étendu. Mais il est léger. En revanche il n'est pas méchant et pendant longtemps même il n'a nullement partagé les idées et les principes de son oncle. Sa femme est la fille ou la nièce du Génois Brignole(3), et il y a pour cette raison tout lieu de penser que ce dernier se servira de Dalberg pour chercher à assurer la réussite de ses projets.
1. En attendant il n'y avait entre la France et l'Espag^ne que le traité du 20 juillet 1814.