Vienne, 30 septembre 1814 F. 1. 3395 ad
SIBER à HAGER.
Visites faites par le roi de Bavière. Alexandre chez Schwarzenberg.
Le roi de Bavière a fait dans la matinée des visites d'étiquette en ville. La reine, un peu souffrante après le grand gala, n'a pas assisté au feu d'artifice.
Schwarzenberg, arrivé avant-hier dans la nuit, a fait demander à TEmpereur Alexandre une audience qui a été fixée à midi. Mais Alexandre lui a fait la surprise d'aller le voir à dix heures. Rentré chez lui, Alexandre a donné audience au Nonce et à quelques Russes. Sauf cela, rien de particulier.
1. Montgelas (comte de) 1759-1838) issu d'une famille de la Savoie, né A Munich, principal ministre de Maximilien-Joseph, surnommé \e Pombal bavàroU. On sait qu'il ne vint pas A Vienne.
LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMENTS DU CONGRÈS 109 207. Vienne, ao septembre 1814 (F. 1. SS95 ad S865).
e e à HAGER.
Les craintes des missions de Wurtemberg, de Bade et de Bayière. La chute du roi de Saxe parait décidée. Un mot de Thu^çut. Appréciations sur les conséquences des agrandissements supposés de l'Autriche. Le projet prussien de constitution allemande.
Les légations de Wurtemberg, de Bade et de Bavière au Congrès semblent consternées par le bruit qui court et aux termes duquel TAutriche recevrait des territoires sur le Haut- Rhin et par cela même la direction du cercle du Haut-Rhin. Les diplomates disent : € Fort bien ; mais alors, où trouverons les territoires qui nous indemniseront des dépenses que nous a causées la guerre, une compensation à la perte de Montbéliard que le traité de Paris nous a forcés à céder à la France ? > Et ils ajoutent : « L'Autriche, par la possession de territoires sur le Haut-Rhin et en sa qualité de directeur du cercle du Haut-Rhin, va exercer une influence énorme sur la Suisse, la Souabe et la Bavière. >
Le comte Louis SchOnfeld (1) m'a dit hier : « Il faut abandonner tout espoir de voir Tancienne dynastie conserver la Saxe. »
Le baron Stein a dit à beaucoup de gens : « La Saxe va avoir de nouveaux maitres. La Prusse se propose du reste de partager TÂllemagne en sept cercles. C'est donc la (in de la dynastie saxonne. Il faut, pour indemniser la Russie des frais de la guerre, qu'on lui cède la Pologne prussienne, et la Prusse ne peut recevoir d'autre indemnité que la Saxe. Le sort de la Saxe est donc décidé. »
Le baron Thugut a dit de son côté : € C'est le premier partage de l'Allemagne, le second suivra dans deux ans et il n'en sera que mieux. >
On dit encore, à propos des agrandissements de l'Autriche sur le Haut-Rhin qu'on lui accordera Bftle, Constance, Stockach, le Brisgau, etc., etc., pour compenser la cession qu'elle fait des anciennes légations pontificales au roi d'Etrurie.
Le baron PufFendorf, chez lequel les Médiatisés tiennent leurs