Vienne, 2 octobre 1814 (F. 1.4054 ad
©© à HAGER
Nécessité de surveiller Klûber. Les promenades Incognito du Roi de Danemark dans les rues de Vienne. La Princesse Bagration. Les menées de la légation de France. Les protestations contre le maintien de Murât. L'appartement du 30 septembre à la cour.
Il est, je pense, absolument nécessaire de faire surveiller d'une façon toute spéciale le conseiller intime badois von Klûber^ qui est depuis longtemps un ardent partisan de Napoléon et est bien connu pour ses sentiments anti-autrichiens. Klûber est un faiseur (sic) à Karlsruhe. D'après ce que raconte le
1. Ancien officier prussien attaché à la personne de Stcin qui avait voulu faire de lui le directeur de la police à Francfort et l'envoya en qualité de commissaire du gouvernement dans le département du Mont Tonnerre, où il ne put se maintenir à la suite de différends avec le fameux Justus Gruner . (Cf. plus loin pièce 1347 une notice biographique plus complète d'Otterstedt et A. FooRNiER. Die Geheim Polisei auf dem Wiener Kongress. Note I, page 146).
comte Metternich (l),le grand plaisir du roi de Danemark consiste à se promener incognito à pied dans les rues de Vienne et le comte ajoute, non sans quelque amertume : « Et je dois toujours raccompagner. »
Le bal de la princesse Bagration a été très brillant.
La légation de France intrigue beaucoup et de tous côtés. Les Bavarois sont entièrement dans la main de Talleyrand.
L'Espagne, la Sicile et la France déclarent qu'il faut rendre Naples à Ferdinand IV et protestent contre le traité d'alliance entre l^utriche et Naples.
On continue de parler de dissentiments assez sérieux entre Alexandre et RazoumofTsky.
A l'Appartement (2) d'avant hier (30 septembre), Alexandre a surtout admiré les comtesses Julie (3) et Maria Zichy, et les missions étrangères sont étonnées de la beauté et de Télégance des dames de Vienne.
On a remarqué Tisolement dans lequel on a laissé le prince Eugène et un échange de mots assez vif entre le chambellan comte Nostitz et le maître de cérémonies comte Wurmbrand.
Un laquais italien revêtu des vêtements de son maître avait réussi à pénétrer dans les salons. Il n*a pas tardé à être reconnu et jeté dehors.