‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 234 sur 816 · Vienne, 4 octobre 1814 (F. 1.3792 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 4 octobre 1814 (F. 1.3792 ad

BEUNSTORFF à BLOME (à Saiot^Pétersbourg) (Intercepta)

(en français).

Alexandre n'a pas encore ratifié le traité avec le Danemark. Les affaires de l'Europe ne marchent g^uére. Intimité entre la France et l'Angleterre. Talleyrand et Gastlereagh. Il sera bien difficile de sortir du Congrès.

Après avoircommencé par lui dire que l'Empereur Alexandre n'a pas encore ratifié le traité avec le Danemark, il rend compte en ces termes de la situation : « Si nos affaires n'avancent pas, celles de l'Europe sont également en stagnation. Jusqu'à ee jour on n'est pas plus avancé en rien et peut-être moins qu'on le fut lorsque la résolution fut prise de réunir les députés pour le 1** octobre. Depuis deux jours les plénipotentiaires français et espagnols se sont formellement abouchés avec les puissances qui signèrent à Paris la paix avec la France sans que

Ton soit encore convenu de rien, pas même des formes à observer.

Le prince de Talleyrand et l'Espagnol (1) proposent de faire revivre le royaume de Pologne entièrement indépendant ou de s'en tenir aux partages avec tel le ou telle modification dont on tombera d'accord. Ils demandent également que le plénipotentiaire du roi de Saxe soit admis et celui du roi Joachim soit exclu. L'admission de ces conditions comme principe décidera, disent-ils, de la prolongation de leur séjour ici. Ils accordent en revanche que la Hollande soit rendue formidable contre la France afin de rassurer l'Europe et particulièrement la Grande- Bretagne contre toute entreprise contre la Hollande et le nord de r Allemagne.

On ne doute pas qu'il ne règne une grande intimité entre la France et l'Angleterre, mais jusqu'ici lord Castlereagh ne s'explique pas aussi ouvertement que le prince de Talleyrand.

La même incertitude dure encore si l'on est bien d'accord à regard de ceux qui doivent former le noyau. Il s'élève un autre embarras : comment et à qui communiquer qu'il y a de» puissances dont les plénipotentiaires se chargent de l'initiative ? En prononçant dans le temps le mot Congrès on s'est mis dans un bourbier d'où il sera difficile de sortir. Je n'en vois pas le moyen parce que je répugne à la violence.

Page 1