‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 260 sur 816 · AUTOUR DU C02IGRÈS DC · texte numérisé non relu

AUTOUR DU C02IGRÈS DC

Paris du 30 mai, aux termes duquel tous les Etats, qui eoi pris part à la dernière ^uerre^ sont inrîtés à envoyer au di4 Congrès des plénipotentiaires chargés d'examiner et d'approuver après vérificatioD les articles de ce traité, paragraqpheS relatif au cours du Rhin, à 1» navigation du Rhin paragraphe i&, à la résolution prise de préciser la rédactioB: par trop vague de ce paragraphe 5 et de voir conu&eni on poiirrait faciliter les cofumuiiîcations fluviales internationales, paragraphe 6^ relatif à l'indépendance des Etats allemands, unis entre eux par un lien fédéral, les paragraphes 18, 1&, 20, 21, 22, 23, 24 et 31 relatifs aux dispositions générales ayant trait aux dettes, aux contributions des différents pays,, à la restitution des papiers d'Eltat, enfin à tout ce qui conoerne Tltalie et la maison de Bourbon en Italie et qui à ce titre intéresse fort la France et l'Espagne.

« Il n'y a plus de puissances alliées depuis le traité de Paris, m'a dit le duc de Dalberg que je vois souvent et qui s'ouvre volontiers avec moi. La France doit intervenir au Congrès comme l'Angleterre, comme l'Autriche, comme la Prusse, comme la Russie. »

Hier matin, il m'a encore dit:« C'est scandaleux. Comment ce Congrès se traîne. Talleyrand y a été une fois ; je n'y ai pas été invité et n'ont assisté à cette conférence que les Ministres secrétaires d'Etat seuls, sans les ministres adjoints. On n'a fait que mystifier Talleyrand. On lui a dit qu'on avait convenu de beaucoup de choses et quand Talleyrand a demandé à savoir quoi, on lui a répondu que c'était un secret, que l'on avait convenu de ne dire cela qu'à une certaine époque. »

Dalberg a continué et m'a dît alors : « Nous savons fort bien ce qu'il en est. C'est le duché de Varsovie, c'est la couronne de Pologne qui est cédée à la Russie ; c'est la Saxe qui est cédée 5 la Prusse. Ils savent bien que Talleyrand, Labrador et moi, nous prenons la poste et que nous retournons à Paris au moment que l'on nous mettra dans la confidence de ce secret. Nous ne comprenons rien à la politique de M. de Metternich. S'il donne la couronne de Pologne à la Russie, en moins de quinze ans la Russie aura chassé les Turcs hors d'Europe et la Russie sera plus dangereuse pour la liberté de l'Europe que ne l'a jamais été Napoléon.

« La Prusse s'abandonne à la Russie, peut-être à cause de s* position géographique. Mais l'Autriche, au lieu de con-

courir et de travailler à la prépondérance delà Russie, pourquoi ne se tientrelle pas aujourd'hui bien sincèrement à la France poBT, de ocmcerty s'opposer à oe colosse qui va éovaaer TAutriche. et les antres puissances. »

Le Baron Hadie, imnis4re de Bade, fréquente assidûment chei. Tallejrand,ftvquel il sert d^espic». et d'informat^ar. C'est . par lui qu'il sait tout ce qui se passe chez Metternidi, chez l'Enqpereur, chez ks souTcarains présents à VieAAe;. II rençlit les mêmes fonctions auprès du Comte de Rechberg et de la Cour de < Barière* Le Banni Hacke a'est guère hien disposé pour Bsns et n'est pas des amis deMetternich..

Dalbesg m'a parlé d^Aldini :« C'est, m'a-t-il dit» ua homme de très grand talent, couiaisaantà fond l'Italie. Mais e'est aussi un de ces Italiens excentriques qui veulent faire de l'Italie un seul royaume dont Rome sera la capitale. Aldini travaille et correspond avec Murât qui caresse encore ce projet. Le Vice- Roi n'avait pas le talent nécessaire pour réaliser ce projet, qu'il avait eu, lui aussi, un instant. >

Talleyrand passe toutes ses soirées chez la duchesse de Sagan où il se flatte d'apprendre les secrètes pensées de Metternich.

Page 1