Vienne, 8 octobre 1814 (F. 1. 3943 ad
LÔWENHIELM à EXGESTRÔM (à Stockholm) (inlercepla) (en français).
Stagnation des affaires. Talleyrand et le Congrès. Les conférences sur les points litigieux. Les difûcultés pour l'admission des ministres. Note qu'il a remise pour réclamer son admission.
Les affaires du Congrès sont encore au même point où elles en étaient lors de ma dernière dépêche.
Talleyrand a consenti à regarder la note officielle qu'il a donnée le 1*' (1) comme une simple communication confîden-
1 . Note de Talleyrand du 1«' octobre à Castlereagh et note du même aux plénipotentiaires des huit puissances en date du 3 octobre.
LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMENTS liU CONGRÈS 249
tielle. Depuis ce temps les quatre anciennes Puissances Alliées, savoir la Russie, TAngleterre, rAutriche et la Prusse ont présenté un nouveau projet (1) de proclamation à faire pour constituer le Congrès, auquel Talleyrand a répondu par un contre-projet (2) qui n'a pas non plus été agréé dans sa totalité par les Alliés. Ces derniers ont en conséquence une conférence entre eux aujourd'hui à 2 h. 1/2 et ce soir il y aura à 6 heures une conférence avec Talleyrand où, on cherchera à s'accorder sur les points litigieux. Jusqu'à présent ces conférences ne sont considérées que comme des communications confidentielles et préparatoires entre les Ministres d'Etat qui se trouvent à Vienne, et c'est sous ce rapport que jusqu à présent on n'a pas admis le plénipotentiaire Portugais malgré sa réclamation formelle non plus que celui de Suède.
Quant à moi, je me suis borné à donner une note aux ministres d'Etat d'Autriche, Prusse, Angleterre, Russie, France et Espagne pour m'annoncer formellement comme plénipotentiaire de Sa Majesté au Congrès. Cette formalité m'a paru nécessaire pour prévenir tout prétexte d'ignorance quant à la qualité de ma mission et renferme en elle-même la prétention incontestable (et déjà reconnue) de mon admission aux premiers travaux du Congrès du premier, moment de son existence. Jusqu'à présent le jour n'en est pas fixé. Cela dépendra des rapprochements qu'on espère gagner ce soir avec Talleyrand.
Votre Excellence aura sans doute remarqué que la principale différence dans les projets de proclamation des deux côtés roule sur la manière de préciser dans la proclamation même, quelles seront les puissances à admettre au Congrès. Cette question, de la manière dont elle est proposée par la France et l'Espagne, impliquant en même temps une décision prématurée sur ce qui doit faire l'objet des négociations futures, est opposée encore par les alliés et surtout par l'Autriche.