‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 288 sur 816 · Vienne, 11 octobre 1814 (F. 2. a961 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 11 octobre 1814 (F. 2. a961 ad

Nota à HAGEH (en français j.

Attitude des Russes. Un mot d'Alexandre sur ses intentions. L'empereur François, la Pologne et Murât. La brouille et l'altercation des deux princes royaux de Bavière et de Wurtemberg.

Les Russes parlent déjà en maîtres du monde. Je connais la personne à qui un de leurs ministres a dit que leur but était à présent un seul : Celui de conserver la prépondérance qu'ils avaient acquise par tant de sacrifices^ d'efforts et de succès en Europe,

Czartoryski doit être celui qui a confié à un Polonais^ de qui je tiens l'anecdote, mais qui n'a pas voulu me nommer la source, qu'Alexandre en partant de Pétersbourg pour Vienne avait dit: « J'irai puisque on le veut, mais je n'y ferai ni plus ni moins que ce que je veux. * Ce propos est sûr.

Sickingen a été hier matin chez le roi de Danemark et, entre autres choses, il lui a dit que la veille il avait couché l'Empereur et qu*il était resté auprès du lit du monarque jusqu'à ce qu'il fût endormi ; qu'en parlant politique l'Empereur lui avait dit: < Qu'il y aurait une Pologne et qu'il ne pouvait pas Fempêcher. »

Le même comte Sickingen a fait dire dernièrement en ami au commandeur RufTo que notre Empereur lui avait confié : € Qu'il n*a pas le courage de rompre le traité qu'il avait fait

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avec Murai et de manquer de parole, mais qu'il ne ferait rien pour le soutenir sur le trône usurpé ; que les ministres de son beau- père (I) devaient faire en sorte d'engager la France, TEspagne et la Russie et surtout TAngleterre à le culbuter ; que c'est de ce côté qu*il fallait agir et engager les puissances à parler fortement et à se prononcer d'une manière imposante. » Le porteur a fait la commission.

Les deux princes héréditaires de Bavière et de Wurtemberg ont ime dent Tun contre Tautre. La répudiation qu*a fait Tun de la sœur de Tautre en est la cause. Dernièrement, chez la princesse de Thurn et Taxis, en jouant au colin-maillard, celui de Bavière qui était Taveugle attrapa la belle Julie Zichy. 11 vantait son bonheur. L'autre lui dit qu*il Tavait attrapée parce qu'il l'avait vue, n'étant pas bien bandé, et qu'alors il n'y avait pas de quoi se vanter. Celui de Bavière lui répondit : « Vous avez toujours à me dire des choses désagréables. J'espère que vous rétracterez ce que vous venez de dire. » L'autre ne répondit rien et celui de Bavière lui fît savoir qu'il l'attendait le lendemain matin au Prater avec ses pistolets. Le prince de Wurtemberg y alla et au lieu de son adversaire il reçut un billet de Wrede dont on ne sait pas le contenu. Mais on sait qu'après l'avoir lu le prince rentra en ville et le duel n'eut pas lieu.

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