‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 311 sur 816 · Vienne, 16 octobre 1814 (F. 2. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 16 octobre 1814 (F. 2. ad

GŒHAUSEN à HAGER

La tension des relations entre les cours de Bavière et de Wurtemberg et le

divorce du prince royal de Wurtemberg.

Les cours de Bavière et de Wurtemberg continuent à être assez mal, même fort mal ensemble, et la cause de cette tension n'est autre que le divorce du prince royal. Le roi de Bavière n'a prétexté une indisposition que pour n'avoir pas à recevoir la visite du roi et du prince royal de Wurtemberg, qu'il ne veut pas voir et avec lesquels il ne parle pas. La cérémonie religieuse qui a consacré la séparation entre le prince royal et sa femme, qui vit depuis lors à Munich, a eu lieu à Stuttgart, aussitôt après le retour d'Angleterre du prince. S'il est beaucoup de gens qui condamnent la conduite du prince à l'égard d'une princesse envers laquelle la nature a été quelque peu avare au point de vue des avantages physiques, mais qui possède en revanche une quantité de rares et précieuses qualités, on en trouve cependant quelques-uns qui essayent de le

1. Complètement brouillé avec son père, le prince royal de Wurtemberg s'était même réfugié pendant quelque temps à Gassel auprès de son beaufrère le roi Jérôme.

défendre et de le justilier. Cette union aurait été une conséquence du caractère du prince, qui n*a cessé de tout temps d'être un ennemi déclaré de Napoléon, alors tout puissant, et qui refusa de suivre l'exemple de Tactuel Grand-Duc de Bade et de se laisser imposer une femme par l'empereur.

Il déclara à ce moment qu'il n'épouserait qu'une princesse allemande et on prétend qu'il eut Taudace de dire à Paris à Napoléon : « Je ne veux pas une femme de votre Pagerie. » Le prince faisait allusion par là au mariage forcé du prince de la Lejen avec une Tascher de la Pagerie (1), ce qui lui valut d'être, malgré l'exiguité de ses possessions, traité à l'égal de quelques grands princes, tandis que l'on médiatisait au même moment de vieilles maisons princières autrement considérables et importantes. La princesse bavaroise, qui eut de plus le malheur de déplaire à son mari, précisément parce qu'elle se donnait trop de mal pour lui plaire, fut la victime de cet entêtement. Il convient d'ajouter que le prince royal a depuis plusieurs années une liaison avec une demoiselle de Stuttgart, la fille d'un fonctionnaire, qui a su le prendre dans ses filets et dont il a déjà deux enfants.

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