‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 316 sur 816 · Vienne, 15 octobre 1814 (F. 2. 4351 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 15 octobre 1814 (F. 2. 4351 ad

Rapport à HAGER (en français).

Bruits de çucrre entre la Russie et la Turquie et de Tenvoi d'une mission turque à Vienne. Le séjour d'Alexandre. Rectification probable des frontières austro-prussiennes. Rivalité eiftre la Bavière et le Wurtemberg. L'altercation entre les deux princes royaux. Le roi de Wurtemberg et l'archiduc Charles. Talleyrand, la Hollande et la Belgique.

On parle beaucoup d'une guerre imminente entre la Russie et la Turquie qui se disposerait à envoyer à Vienne un ambassadeur extraordinaire chargé d'acheter son repos et sa sécurité à prix d'or et par de gros bénéfices. On dit que cette mission apporte de grands cadeaux au tzar et qu'elle sera logée au château d'Hetzendorf.

Il paraît certain que le tsar passera ici une partie de l'hiver ; c'est ce que l'on croit et dit dans les cercles des cours de Bavière et de Russie. Ces dernières prétendent que pour rectifier les frontières on céderait le Comté de Glatz et une bande de terrain du côté de Ziegenhals (1) en échange de Troppau.

La rivalité entre les cours de Bavière et de Wurtenberg ne diminue pas. Les gens de la cour de Bavière ne cachent pas la joie que leur cause l'indisposition que vient d'avoir le roi de Wurtemberg, soit à la suite de fatigues à la chasse, soit à cause de la cohue dans VAugarten.

On assure en outre que les deux princes royaux (de Wurtemberg et dejBavière) ont eu une altercation des plus vives, dont le motif est encore inconnu.

Le roi de Wurtemberg est du reste d'un entêtement extraordinaire, comme Napoléon l'avait remarqué et comme les archiducs Font, eux aussi, constaté. On raconte, et on affirme que l'archiduc Charles, ayant fait quelques plaisanteries sur la corpulence du roi et les inconvénients qui en résultent, celui-ci, lors de la visite du champ de bataille d'Aspern, aurait demandé à l'archiduc < s'il allait montrer aux souverains la position de € l'armée autrichienne avant la bataille d'Aspern ou celle « qu'elle avait en juillet, lors de sa retraite après Wagram ». Cela donne une idée de l'antipathie qui règne entre les princes.

Rien de précis à vous dire sur les intentions de la Légation

1. Ziegenhals, au sud de Neisse et tout près de la frontière de Bohème.

de France. Le prince de Bénévent serait hostile à la réunion des Pays-Bas à la Hollande, qu'il considère comme nuisible à son pays. On prétend que, comme il aurait, à ce propos, parlé de la puissance de la France, on lui aurait dit : « Ce n'est pas au vaincu qu'il appartient de rien décider. »

387» Vienne, 15 octobre UiA (F. 3. 4151 ad 3565).

Rapport à HAGER (en français).

Humboldt et le Congrès. Caricature sur le Congrès.

On m'affirme qu'à la question posée à Humboldt : « Quand le Congrès finira-t-il ? > il répondit : « Dites-moi plutôt quand il commencera. »

Une caricature publiée ces jours-ci à Munich donne une idée assez exacte de l'état des esprits. Tous les ministres envoyés à Vienne sont assis autour d'une table et ont les yeux fixés sur lord Gastlereagh qui vient d'entrer tenant, d'une main un papier, de l'autre une laisse passée autour du cou de Napoléon et qui, se préparant à jeter le papier sur la table, leur dit : « Signez ou je le lâche. »

Page 1