‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 32 sur 816 · Vienne, 16 juillet 1814 (F. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 16 juillet 1814 (F. 1. ad

BERNSTORFF à ROSENCRANZ {intercepta en français).

Nouvelles relatives k la venue d'Alexandre, aux Conférences préparatoires, Â la forme même du Congrès. La Constitution de TAllemagne et les vues de rAutrichc.La tâche de Metternich en Angleterre facilitée par l'attitude d'Alexandre et les démarches de la grande-duchesse Catherine. L'Autriche, l'Angleterre et les Etats Scandinaves. La question de la Saxe et les regrets de l'Autriche de n'avoir pas pris, dès le début, une attitude toute dilTérente.

Je tiens les notions suivantes de M. de Hudelist. L'Empereur de Russie a effectivement donné sa parole de se rendre à Vienne avant la fin de septembre. Les conférences préparatoires entre les plénipotentiaires des grandes puissances commenceront le 10 septembre ; elles réuniront ici lord Castlereagh, le Comte de Nesselrode et le Prince de Uardenberg.

Il n^y a rien d'arrêté sur la forme des négociations principales du Congrès ; mais il parait qu'on voudrait éviter les séances générales et même les réunions plus nombreuses que ne l'exigera l'intérêt plus ou moins direct que telle ou telle puissance sera censée avoir aux différents objets de discussion.

Les bases de la Constitution future de l'Allemagne seront préalablement discutées entre T Autriche, la Prusse, la Bavière et le Hanovre.

Au nombre des projets qui étaient formés relativement aux moyens de suppléer au défaut de l'autorité impériale, celui d'établir une sorte de Directoire, que ces Etats exerceront alternativement, passe pour avoir un assez grand nombre de partisans.

Hudelist ne me cache pas que TAutriche songe à baser son système politique sur des liaisons étroites avec les princes de l'Empire.

Le prince de Metternich a, pendant son séjour à Londres, rais tous ses soins à resserrer les liens qui unissent les deux

Empires, et il se flatte de n'y avoir pas perdu ses peines. Selon ce que Ton m'a dit ici^ sa tâche lui a été entièrement facilitée par la conduite de TEmpereur Alexandre. Ce souverain s'est montré bien plus disposé à gagner et à flatter l'Opposition qu'à se rendre agréable au Cabinet. Il a blessé celuici par Taccueil qu'il a fait aux plénipotentiaires américains ainsi que par la prédilection qu'il a témoignée en faveur de leur cause.

Il ne s'est de plus mêlé des querelles entre le Prince Régent et son épouse (1) que pour prendre ouvertement parti contre le prince. On Taccuse même, je ne sais sur quel fondement, d'avoir appuyé les intrigues faites par sa sœur (2) pour rompre les engagements de la princesse royale (3j d'Angleterre dans la vue de former une union entre le prince héréditaire d'Orange et la grande-duchesse Anne (4).

lîudelist, dans cette même conversation, m'a fait entendre que le Cabinet suédois se montre disposé à accéder aux nouveaux liens que T Autriche et la Grande-Bretagne pourraient vouloir former et qu'il est allé jusqu'à déclarer qu'on le trouverait prêt à agir dans le sens et pour le but d'une pareille alliance.

C'est à ces dispositions, en apparence si peu analogues à la situation actuelle de la Suède,.que je crois devoir rapporter im propos qui, dans ime conversation antérieure, est échappé à M. de Hudelist. En me parlant de la possibilité d'une rupture avec la Russie,, il me dit : « Nous ne serions pas de notre côté « sans aUiés^ 11 n'y a pas jusqu'au prince royal de Suède sur « lequel nous pourrions compter. »

M. de Steigentesch a'est assurément pas sorti du sens de sa Cour en faisant entendre à Votre Excellence que l'Angleterre et l'Autriche continueront à attacher le Danemark au

1.. Il s'a^t dea démêlés ontce le futur Georges IV et sa f^mme Caroline de Brunswick.

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