Vienne, 15 octobre 1814 (F. 3. 4264 ad
GŒHAUSEN à HAGER
La réunion de rAuf^arten, les adhésions recueillies par les 12. Les projets des délégués des petits princes. L'adresse qu'ils veulent remettre à l'empereur d'Autriche et le rétablissement de la dignité impériale.
La réunion, qui eut lieu le 12 dans l'après-midi à TAugarten, se composait de douze personnes, à savoir : les députés des quatre villes libres : Hambourg, Lùbeck, Brème et Francfort ; les deux délégués d'Oldenburg» le baron Maltzahn et le conseiller antique Mutzenbecher Je conseiller intime de Bnmswick, von Schmidt, le Mecklembourgeois von Plessen, le délégué de Leiningen, von Schmitz et trois autres.
Ils n'étaient venus là que pour dîner entre amis, comme ils le font d'ordinaire à l'hôtel Archiduc Charles. Mais ce sont auissi les mêmes individus qui n'ont qu'une idée, celle de rester amis et de se prononcer pour le rétablissement de la dignité impériale conférée à la Maison d'Autriche.
Je viens dapprendre de façon absolument certaine que les Maisons Ducales de Saxe, la Hesse-Cassel, Nassau et Darmstadt, se sont joints à eux afin de pouvoir s'opposer avec plus de force aux plans et à l'influence de la Bavière et de la Prusse qui ne partagent pas leurs vues. Ils se proposent de rédiger une adresse, dans laquelle ils demanderont à notre Empereur d'accepter la Couronne Impériale, adresse qui serait présentée et mise à Tordre du jour dès l'ouverture du Congrès.
C'est là un fait absolument nouveau qu'on tient strictement secret et dont on n'a parlé qu'aujourd'hui. Comme ils sont en majorité, et comme les autres petits princes se joindront certainement à eux, ils pensent que leur proposition fera du bruit et ne pourra être rejetée. Ils veulent, d'après ce qu'on m'a affirmé, déjouer les projets de la Prusse et de la Bavière qui ne cherchent qu'à s'agrandir et à absorber, en outre des terres des princes déjà médiatisés, les possessions d'autres maisons princières, à faire pièce à Bade et au Wurtemberg qui ne se sont pas encore prononcés et qui comptent encore sur des appuis du dehors, et comme ils ne peuvent guère espérer que l'Angleterre leur viendra en aide, ils espèrent du moins que,
cédant au vœu exprimé par la majorité des voix, elle se ralliera à ridée de rétablir dans les limites du possible, l'ancien ordre de choses.