‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 355 sur 816 · Vienne, 17 octobre 1814 (F. 2. 4309 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 17 octobre 1814 (F. 2. 4309 ad

SCHMIDT à WAGER

Difficultés de la surveillance de Tallcyrand et de Dalber^;. Mesures prises pour l'assurer. Rien à espérer des hôtes de Tambassadc.

Quiconque connaît un peu le caractère de Talleyrand et se dqpnera en outre la peine de tenir compte de la disposition de sa maison (1), comprendra du même coup les difficultés que présente l'établissement d'une surveillance sérieuse du prince et de ses faits et gestes. La maison n'est rien moins maintenant qu'une espèce de place forte, dans laquelle il tient garnison avec les seuls individus dont il se croit sûr. Malgré cela, on a cependant fini par pouvoir intercepter quelques pièces sortant de ses bureaux. On a de plus réussi à gagner un vieux domestique qui a déjà été au service de trois ambassadeurs de France, ainsi qu'un gardien ou garçon de chancellerie, grâce auquel on a pu se procurer quelques papiers déchirés trouvés dans le bureau même de Tallejrand.

1. L'hôtel do l'Ambassade était situé au centre de la ville dans la Johannes Gasse, à deux pas de Saint-Etienne et de la Kœrntnerstrasse.

11 n'y a guère rien à espérer pour la police du côté des visiteurs ou des invités du prince. Ce sont, ou des diplomates étrangers qui ne sont préoccupés que de leurs propres intérêts, ou bien des fonctionnaires ou diplomates d'ici, qui sont déjà gagnés par d'autres et complètement à la discrétion de ces hauts personnages. En attendant^ voici les principales vi* sites que Tallejrand a reçues pendant les deux derniers jours: le capitaine (russe) Mohrenheim, le baron Gagern (qui est resté longtemps avec lui)yle prince de Hohenlohe-Bartenstein, Labrador, Machado, les comtes Benzel,Pappenheim,TchernitchelT, Pozzo di Borgo, Castelalfer (1) et Salmour, RufTo, Zerleder, Wieland, Reinhard, Montenach, le comte Clary (2), Schulenburg, Gentz, le comte Bethusy (3), lord Stewart, le comte Trauttmansdorff, le prince Wenzel Liechtenstein, d'Ivernois,

Chez Dalberg, on se heurte aux mêmes difficultés que chez Talleyrand. Il habite la même maison, et de plus il est allemand et connaît à fond la ville et le terrain sur lequel il opère.

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