Vienne, 20 octobre 1814 (F. 2. 4057 ad
HAGER à METTERNICH (1) (en allemand) (analyse).
Il lui expose de nouveau les raisons pour lesquelles il croit nécessaire d'expulser Bellio, Tagent du prince de Valachie,
1. Bien que cette pièce soit datée du 20 octobre, j'ai cru bien faire en la plaçant avant les autres papiers trouvés chez Bellio, parce qu'elle fournit, en même temps que les motifs, l'explication, d'abord de cette perquisition, puis de l'expulsion de l'agent officiel de l'hospodar de Valachie.
chargé d'expédier les dépêches de Gentz à rHospodar. Cet individu avait fait confectionner un duplicata du cachet de Gentz, afin de pouvoir ouvrir et refermer ses lettres. Il en était de même pour les lettres du prince. Il est donc probable qu'il ne procédait de la sorte que parce qu'il communiquait les correspondances à des tiers. 11 était en outre en possession d'un Mémoire détaillé sur la Pologne (1), qui contenait, entre autres, des données et des appréciations sur le caractère et sur les intentions de l'Empereur Alexandre, mémoire qui est probablement l'œuvre de Gentz ou de quelque haut fonctionnaire du gouvernement autrichien.
Bellio lui (à Hager) avait déjà inspiré des soupçons lorsqi^'il vint à Prague lui offrir ses services. Hager insiste en outre sur les relations de Bellio avec le prince Ypsilanti (2), un de ses compatriotes faisant partie de la suite de l'empereur Alexandre.
Il fait encore remarquer que Bellio a essayé, en se servant à cet effet du mémoire sur la Pologne, de s'aboucher d'abord avec le prince Wolkonsky et qu'un peu plus tard il voulait adresser à cet effet à la princesse Bagration une lettre qui a . été saisie (3).
On a par conséquent jugé nécessaire de faire une descente chez lui dans la nuit du 17 au 18 octobre, de s'assurer de sa personne et de saisir ses papiers.
Hager constate à ce propos que Bellio a fait preuve à ce moment d'une indifférence absolue. 11 insiste sur le fait que le mémoire de Gentz est très compromettant pour l'Autriche et appelle l'attention de Metternich sur une lettre (non expédiée) de Bellio à Wolkonsky, en date du 11 octobre, ayant pour objet d'obtenir une audience de l'empereur Alexandre. Bellio ne l'avait pas expédiée, parce qu'il croyait plus efficace de s'adresser à la princesse Bagration, qui est au service de la Russie et à laquelle il se disposait à écrire le 19.
1. C'était le mémoire même du 18 août que Metternich avait approuvé (Cf. Oesterreich's TheiltiahmCf etc., p. 984-399).
2. Ypsilanti (Alexandre), (1792-1828*, à ce moment aide de camp d'Alexandre.