‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 379 sur 816 · Berlin, 16 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad · texte numérisé non relu

Berlin, 16 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad

JACKSOiN (1) à lord STEWARD {Intercepta) (Analyse). Le langage de Caraman et la question de la Saxe. La gravité de la situation.

11 le remercie de sa lettre qui a jeté un peu de lumière sur des faits qu'on lui laissait ignorer. Depuis, il a été encore un peu éclairé par le langage et la conduite du Ministre de France

1. Jackson (Georges), secrétaire de légation à Berlin depuis le mois de mai

auraient trouvé fort au-dessous delà dignité de la Maison d'Autriche de se prêter à de tels enfantillages.

Chez Thugut et dans beaucoup d'autres maisons, on dit que le seul résultat palpable de la présence des souverains étrangers à Vienne a consisté jusqu'ici dans rémission de 500 millions de florins de nouveaux AnticipaiionScheine. Chez Etienne Zichy, chez Hatzfeld, chez Schœnborn, on constata à la fois les égards dont l'empereur Alexandre combla Schwarzenburg et la froideur avec laquelle il traita Metternich.

Dlvernois (1), qui vient maintenant souvent chez Puffendorf, a raconté qu'il avait dîné dernièrement avec Sydney Smith chez Talleyrand, qui n'a cessé de parler du monstre et de la chute du monstre.

Hier^ il y a eu un petit bal chez Stackelberg. Alexandre, rimpératrice de Russie, les grandes-duchesses, nos Archiducs, les princes allemands et le dessus du panier du corps diplomatique y ont assisté. Le 26, il y aura un second bal chez Stackelberg. Après-demain (le 23) bal chez Schœnborn. Le 30, bal masqué chez Metternich, pour lequel Alexandre sera de retour de Hongrie.

A en croire Stackelberg, le Congrès ne serait pas près de finir. On a parlé chez lui de V Apologie (2), de Gagern, que celui-ci a fait imprimer et qu'il distribue, et dans laquelle pas mal de gros personnages sont assez mal traités.

Le comte Munster est fort froissé de l'insistance que Gagern met à vouloir prendre pied chez lui. On a enfin remarqué que depuis quelques temps Stein ne 'se montre plus nulle part et travaille chez lui sans trêve ni repos. L'ordre de Malte réclame des indemnités et un rétablissement dans Tétat où il était le 1" janvier 1792. La réclamation est très chaudement patronnée par la noblesse de Vienne.

1. Ivernois (Francis d'). Expulsé de Genève à la suite des troubles de 1783^ il passa une partie de sa vie en Angleterre et y fut créé Sir en récompense des services qu'il avait rendus à ce pays.

2. Mais n'est-ce pas plutôt de la brochure : Apologie de Frédéric-Auguste Roi de Saxe par un sujet dévoué i Sa Majesté au mois de septembre 1814^ qui n'est pas de Gagern, dont il s'agit ici (Cf. Gagbrn, ifexn Aniheil^ etc., etc.^ II, 71), où il parle des mémoires assez bien faits en faveur du Roi de Saxe qui circulent ici: « Apologie du Roi de S^xe et Sàohsen und Preuêsen $aunt cttiqne. »

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