Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4321 ad
LOEWENHIELM à WETTERSTEDT (2) (à Paris).
(Intercepta) (en français).
Le sort de la Suède semble assuré. Les appétits des Puissances. La Pologne et Alexandre. Murât et les Bourbons. Parallèle entre Murât et Ferdinand IV. Inaction des Huit.
Je vois, grâce à l'indépendance parfaite dont la Suède jouit désormais, d'un œil tranquille et calme les agitations des autres Puissances qui ne s'entendent pas encore sur le partage du butin. La moralité qu'on a prêchée est difficile à accorder avec certains appétits qu'on veut satisfaire. D'un autre côté, tout le' monde convient de la justice qu'il y a à
1. Le Comité des affaires d'Allemagne, qui avait en efTot tenu séance le 14, le 16 et le 20 octobre, tint une quatrième séance le 22, le jour même où la Comtesse de Hechberg écrivait à son père (Cf. d'AKGBDBRo, 289-290, 296-303^ 303-315, 320-330).
2. Wetterstedl (Gustave, baron de), Ministre de Suède à Paris.
rendre aux Polonais une existence nationale ; mais on ne veut pas les laisser à T Empereur Alexandre qui est le seul qui sent et qui veut et celui sans lequel aucune Pologne ne saurait exister.
L'histoire de Murât est une autre affaire. Les Bourbonnùtes veulent récupérer le trône et ils ont des gens qui les soutiennent. Mais je ne sais pas encore s'il est de Tintérêt de tous de rendre un pied à terre aux Français en Italie, et on a beau dire, il parait que Murât est beaucoup plus aimé que le légitime Ferdinand et que son gouvernement est infiniment au-dessus de celui de l'ancienne dynastie. On le dit très aimé à Naples. En tout cas, les folies et le cagotisme de Tautre Ferdinand en Espagne ne sont pas de nature à encourager les Napolitains à désirer leurs anciens maîtres.
En attendant que tout cela s'arrange, nous autres du Conseil Préparatoire des Huitj nous ne faisons rien du tout, et le temps se perd en paroles.