Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4129 ad
TURKHEIM à L... (à Darmstadt).
(Inlercepla) (en allemand).
Hien de préparé pour la constilution de TAlIemagne. Mot du roi de Prusse. Le partage de la Saxe. Opposition à ce projet. Bruits divers au siget de la Saxe et de la Polo^e. Les protestations de la France.
D'après Wrede, on n'a encore présenté aucun plan aux conférences sur rAllemagne, et les grandes Puissances n'ont rien préparé. Le roi de Prusse a dit à la dernière audience donnée aux ministres de Suède : « La dernière campagne a été brillante et rapide. La campagne diplomatique sera longue et peu satisfaisante. »
L'Autriche aura, paratt-il, une petite partie de la malheureuse Saxe; la Saxe-Weimar aura Erfurt et quelques districts occidentaux, la Prusse, tout le reste, et on proscrira la branche Albertine. C'est une honte pour TAllemagne que de devoir tolérer pareil agrandissement de la Prusse, si richement indemnisée ainsi de la perte d'une partie de cette Pologne acquise si malhonnêtement par elle. C'est en outre l'obligation de renoncer à rétablissement d'une forte Confédération germanique. C'est un singulier commencement de rétablissement de l'équilibre européen solennellement promis et tellement vanté. Hier cependant, on m'a assuré que la chose était loin d'être décidée et qu'on allait encore tenter de sauver la Saxe. 11 semble aussi qu'on songe à éloigner d'elle le propriétaire actuel, dont la personne semble par trop dangereuse.
35 octobre.
Le Comité travaille en silence. On dit bien que la question Saxe-Pologne, dont toutes les autres dépendent, est loin d'être tranchée. Mais ce qui est sûr, c'est que le général prussien von Kleist y va comme gouverneur militaire et le ministre baron Beck, comme gouverneur civil. Ce dernier sera remplacé plus tard par le prince Guillaume,
La France a protesté vivement contre cette violation du droit et la Bavière ne cache pas son opposition à cette occupation.