‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 44 sur 816 · Vienne, 30 juillet 1814 (F. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 30 juillet 1814 (F. 1. ad

BERNSTORFF à ROSENCRANZ (intercepta en français).

Le roi de Saxe et l'offre des Légations. Les espérances de Metternich fondées sur son entrevue avec Alexandre à Bruchsal. Projets qu'on prête k Alexandre. •

J'ai trouvé moyen d'avérer qu'en effet la Cour de Vienne vient de faire offrir au roi de Saxe les trois Légations pour prix de l'abdication qu'on lui demande et que jusqu'ici il continue à refuser. Je ne crois pas du reste qu'il existe làdessus aucun arrangement avec le Pape et je doute que, s'il était question de négocier son aveu, on le trouvât plus coulant que dans des cas semblables ce respectable prélat ne s'est montré vis-à-vis de l'Empereur Napoléon.

Il est arriv^ ici, il y a quelques jours, un courrier de Londres. On se montre très content des dépêches qu'il a apportées et il paraît que la Cour de Vienne compte plus que jamais sur l'appui du Gouvernement britannique.

Je me suis aperçu en général que la con6ance,avec laquelle le cabinet autrichien compte porter à un dénouement satis-

1. Wallis (Joseph, comte) (1768-1818) Conseiller intime. Gouverneur de la Silésie et de la Moravie sous le ministère de Thugut, président de la régence de Bohème en 1805. Commissaire ^néral en 1809. Ministre d'Etat et des Conférences, grand chancelier aulique de Bohème, Hofkammer Prisident (président de la Chambre des flnances, ou pour mieux dire ministre des Finances) à la mort du comte 01>onell, il n'hésita pas à réduire au cinquième le papier-monnaie, mais n'en dut pas moins émettre de nouveaux billets. Nommé chef suprême des tribunaux de justice, il abandonna en 1816 les finances au comte Stadion et mourut le 19 novembre 1818 d'une attaque d'apoplexie foudroyante.

2. Cf. Pièce 50. Bernstorfr à Hosencranz. Vienne, 3 août 1814. La princesse Elisabeth de Saxe était la tante du roi.

LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMENTS DU COiNGRÈS 37

faisant la nouvelle crise qui se prépare, va sensiblement en augmentant. Les espérances du prince de Metternich à cet égard paraissent se fonder en grande partie sur la disposition d'esprit où il a trouvé l'Empereur de Russie à Bruchsal. On assure que ce souverain s'y est montré très fâché et décontenancé et que tous les indices se sont accordés à faire voir qu'après avoir quitté l'Angleterre, où il a laissé le Prince Régent et le Ministère fort indisposés contre lui, il n'a pu s'empêcher de reconnaître jusqu'à un certain point la légèreté et rinconséquence de sa conduite. On se flatte que l'impression qui lui en restera étendra ses effets plus loin et on se promet peut-être trop légèrement d'en tirer bon parti pour les négociations importantes qui restent à terminer.

On va jusqu'à me -faire entendre que le changement survenu^ ou supposé, dans les idées de l'Empereur Alexandre ne saura manquer de produire bientôt un effet avantageux à nos intérêts et que l'on peut dès à présent se promettre pour l'Europe entière une tendance générale vers le maintien ou le rétablissement des autorités anciennes et légitimes.

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