Vienne, sans date (2) (F. 2. 4138 ad
TALLEYRAND à METTERNICH (chiffon).
Je vois, d'après ce que M. de Dalberg vient de me dire, que nous sommes bien près des mêmes opinions pour avancer les choses sans rien compromettre et rester dans les principes que nous avons adoptés. Il est dans ma position de remettre, avec le caractère le moins officiel possible, la note dont je vous envoie copie et que je vous prie de me renvoyer. Elle s'appellera note verbalcy aGn de lui ôter de la raideur que vous n'aimez pas.
1. Rivière (Charles-François de RifTardeau, marquis, puis duc de) (1763- 1828). Sous-lieutenanl aux Gardes françaises, émigré avec le Comte d'Artois, chargé par ce prince d'une mission en Vendée, il y fut arrêté et prit part en 1804 au complot de Cadoudal. Condamné à mort, sa peine fut sur les instances de Joséphine commuée en prison perpétuelle. Rendu A la liberté par la Restauration, il fut nommé Maréchal de camp. Pair de France en 1815, puis Ambassadeur en Turquie (1816-1820), et Gouverneur du duc de Bor dcaux (1826). Cf. pour les relations entre Rivière et Sidney Smith la dépêche de Talieyrand à Jaucourt de Vienne, le 3 mars 1815. Talleyrand est loin d'être A ce moment un admirateur de Sidney Smith.
2. Il me parait difficile de penser que le chifTon ramassé le 27 octobre chez Talleyrand ait trait aux correspondances qu'il échangea peut-être avec Metternich dans les derniers jours de septembre (le 30) et les tout premiers jours d'octobre, au moment où il allait remettre, d'abord sa note du 1** octobre, puis celle du 3 et enfln sa lettre à Castlereagh en date du 5. J'inclinerai plutôt à croire qu'il écrivit ce billet avant d'arrêter les quatre propositions qu'il communiqua aux Huit lors de la Conférence du 31 octobre. Il est utile de remarquer à ce propos qu'il eut le 25 et le 27 octobre d'assez longs entretienavcc Gentz(Cf. Gbntz, TàgebûcheFfl, 323-324). Peut-être même Talleyrand a-til écrit ce billet à la suite de l'entretien dont il parle au roi dana sa dépêche n^ 8 du 25 octobre. « J'ai vu ce soir M. de Metternich qui reprenait un peu de courage. Je lui ai parlé avec toute U force dont je mii capable. » Peutêtre même ce qui ne devait être qu'une note verbale pourrait bien n'être rien autre que le Mémoire r&iêonné $ur le sort de U Sàxe,
408 AUTOUR DU CONGRÈS DE VIElfNB