‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 471 sur 816 · Vienne, 11 octobre 1814 (F. 2. 4019 ad SMS · texte numérisé non relu

Vienne, 11 octobre 1814 (F. 2. 4019 ad SMS

R. à HAGER

Muller et Gruner. Leur but et leurs menées. Gruner protégé par Alexandre.

Rapport sur les agissements de Millier et du Conseiller d'Etat baron Gruner (1) qui cherchent à faire des prosélytes pour le Tugend-Bundy et leurs menées révolutionnaires et hostiles aux membres du Tugend-Bund appartenant à la Noblesse.

La Russie soutient MûUer, et ceux qui portent Tuniforme russe circulent partout librement. Ce qu'ils veulent, c'est amener le roi de Prusse à donner à ses États une constitution libérale qui s'étendra rapidement aux Etats voisins et portera le coup de grâce au cléricalisme et au catholicisme.

L'empereur Alexandre les protège, et la preuve en est qu'il a envoyé à Gruner avec la croix de Sainte-Anne de première classe en brillants une lettre des plus flatteuses. Une centaine de libraires allemands font partie du Tugend-Bund tels que Rertuch, de Weimar ; Herger, de Giessen ; Cotta, de Stutt-

1. Gruner (Charles-Juste), n«i à Osnabrûck en 1777, se lia de bonne heure avec Stein, alors Ober-President à Minden et avec Blucher, entra au service de la Prusse en 1802 et aurait été peu après et jusqu'en 1805 employé A des missions secrètes en France. Directeur de la Chambre de guerre et des domaines à Poscn, il faillit y être arrêté par les Français et se réfugia d'abord A Kônigsberg, puis dans la Poméranie Suédoise. Président de Chambre intérimaire A Colberg, puis A Trcptow, il ne tarda pas A devenir vers la fin de 1809 Président de police A Berlin et travailla activement A la reconstitution du Tugend-Bund et aux préparatifs du major Schill. Ecarté des affaires sur l'ordre de Napoléon, mais rien qu'en apparence, il quitta la Prusse, A la fin de mars 1812, se rendit en Bohème soutenu par l'Angleterre et la Russie et continua A organiser et A étendre le Tugend-Bund. Alexandre l'avait fait Conseiller d'Etat et l'Angleterre lui fournissait de riches subsides. Ses menées finirent par devenir trop éclatantes et trop dangereuses et l'Autriche, au lieu de consentir A son extradition qui lui était demandée par la Prusse l'enferma A la requête de Napoléon A Petcrwardein, où il resta jusqu'en octobre 1813. Nommé peu après Gouverneur des provinces du Haut et Bas-Rhin où il rendit les plus grands services aux alliés en même temps qu'il satisfit la haine qu'il portait A la France, il y organisa le gouvernement provisoire et résida A Diisseldorf jusqu'Après Waterloo. Envoyé alors A Paris pour y faire pour le compte de la Prusse sa part de la haute Police, il mérita le titre d'emballeur de La Sainte- Alliance. Le roi de Prusse, qui l'avait déjA anobli et fait baron, reconnut ses services en lui confiant les fonctions de Ministre de Prusse près la Confédération helvétique. Tombé en disgrâce et déjA fort malade, il quitta Berne au commencement de janvier en 1819 et se rendit A Wiesbaden où il mourut le 8 février 1820.

gard,etc., etc., qui sont tous venus à Vienne pour y travailler en faveur du Tugend-Bund.

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