‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 487 sur 816 · Vienne» 29 octobre 1814 (F. 3. 4178 ad · texte numérisé non relu

Vienne» 29 octobre 1814 (F. 3. 4178 ad

e e à HAGER.

Les intrigues contre Metternich. Les nouvelles qu'on répand dans les salons politiques . Les renseignements fournis par SÛckelberg au comte Schœnfeld sur la question de la Saxe et la marche générale des afTaires.

On est de plus en plus convaincu dans la coterie Puiïendorf que tout cet imbroglio ne peut finir que par un changement de Cabinet ou une guerre avec la Russie.

Voilà maintenant la riposte des partisans de Metternich : « Rien de plus honorable et de plus beau que de quitter le Ministère ; d'abord parce qu'on se refuse à apposer sa signa* ture sur un papier par lequel on cède tout le Duché de Varsovie à la Russie et on laisse prendre à l'Empereur de Russie le titre de roi de Pologne, ensuite parce qu'on ne voit pas de raison de se brouiller avec la Bavière pour les beaux yeux des médiatisés, rien qu'afin d'empêcher l'Allemagne de devenir un corps solide capable d'échapper désormais à l'influence française et aux épreuves qu'elle vient de traverser.

Chez le comte de Rechberg, où l'on parlait d'une tension des

rapports entre les Ministres russes et prussiens, la comtesse a dit devant moi : € Tant que je verrai le roi de Prusse accompagner et suivre partout TEmpereur Alexandre, je ne croirai pas à cette brouillerie. »

Hier, vers midi^ alors que j*étais chez le comte Schœnfeld (l'ancien Ministre de Saxe à Vienne), je vis le comte Stackelberg se glisser chez lui. Il est entièrement acquis aux intérêts de la Saxe et rapporte fidèlement à Schœnfeld tout ce qui se dit et se fait dans le Cabinet russe par rapport à la Saxe.

Schœnfeld se désolait sur la situation extrêmement critique de l'Autriche et de Metternich ; il finit par dire : « L'Empereur François ne consentira pas et ne peut consentir à laisser tomber Metternich. Lord Castlereagh interviendra, agira auprès d'Alexandre, lui arrachera une concession et soutiendra Metternich. Quant aux affaires d'Allemagne, il n y a plus rien d'autre à faire qu'à se rejeter du côté de la Prusse. En admettant même, ce qui serait peu probable, qu'on redonne le portefeuille des affaires étrangères au comte Stadion, les affaires n'en iraient que plus mal. Stadion sacrifierait les intérêts de l'Autriche à $es chers Médiatisés et se brouillerait du coup avec la Bavière et le Wurtemberg. L'Empereur François n'a donc qu'à garder Metternich et à lui conseiller de s'inspirer des conseils et de l'exemple de Thugut. Mais, même à la Chancellerie d'Etat, Metternich, si on en excepte le baron Binder et le comte de Mercy, ne peut compter sur personne, surtout pas sur Hudelist et même pas sur Hoppe et sur Bretfeld.

Les étrangers, comme les Viennois, ont une véritable indigestion des fêtes et du Congrès.

Page 1