Vienne, 3 août 1814 (F. 1. ad
COMTE DE HARDENBERGà MUNSTER {intercepta en français).
Metlernich et la réception du Corps diplomatique. L'Italie. Schwarzenberg. Belle^parde. Langenau. Radetzky. L'archiduc Charles, le Gouvernement général de l'Italie, son mariage projeté avec la grande-duchesse Catherine et la mission du général Koller.
Metternich a, dès son retour, reçu le Corps diplomatique et a fait à ses Membres un exposé de la situation, mais sans rien préciser et sans insister sur aucun point. Wessenberg a remis un rapport sur l'état des affaires en Italie, qu'on a trouvé rassurant et l'Empereur a fait connaître aux députations venues de Tautre côté des Alpes qu'il avait Tintention de faire un voyage dans leur pays.
Au grand contentement de tous, Schwarzenberg a remplacé à la présidence du Conseil aulique de guerre Bellegarde, qui est destiné à rester en Italie, et le général Langenau a pris la direction de Tétat-major général à la place de Radetzky (1).
On ne peut cependant pas cacher le grand mécontentement qui règne en Italie et qui est entretenu soigneusement par des menées de toutes espèces. On y dépense cependant beaucoup d'argent, mais de riches Italiens s'imposent les plus grands sacrifices pour entretenir une agitation dont ils comptent tirer parti.
La nomination future de l'archiduc Charles au Gouvernement général de Tltalie autrichienne^ dont le point central et le siège seraient Milan, est vraiment désirée ici comme le seul moyen de mettre un ensemble dans l'administration de ce pays et de le soustraire au Gouvernement direct et un peu brusque des autres provinces de la Monarchie. Il est probable encore
1. Radetzky (Jean - Joseph - Winceslas-Antoine- François-Charles, comte) (1766-1358) feld-maréchal en 1S36, chef d'état-major de Schwarzenberg pendant les campagnes do 18I2-1S14, le vainqueur de Novare le 23 mars 1849. Il ne prit sa retraite que le 28 février 1857, moins d'un an avant sa mort survenue le 25 janvier 1858.
que cette nomination se fera, surtout si le mariage de ce prince avec la grande-duchesse Catherine a lieu. La grande-duchesse le désire toujours vivement et cette alliance ne trouvera aucune entrave ici ; mais TEmpereur Alexandre diffère encore son assentiment^ sous prétexte de désirer préalablement consulter rirapératrice mère. La véritable raison, pourquoi l'Empereur ne s'explique pas, pourrait bien être qu'il voudrait attendre les résultats du Congrès de Vienne.
Pour cultiver au moins autant que possible ses rapports avec ce souverain, la Cour de Vienne, qui en ce mpment n'a pas de ministre accrédité à Saint-Pétersbourg, va y envoyer le général Koller (i) particulièrement bien vu de la grande-duchesse Catherine et fort goûté aussi par l'Empereur lui-même. On compte envoyer le général sous prétexte de devoir prendre à Saint-Pétersbourg des arrangements nécessaires pour le voyage de Sa Majesté l'Empereur à Vienne.