Vienne, 3 août 1814 (F. 1 ad
GENTZ à KARADJA (1) {intercepta en français) {Analyse).
Naples, Murai, la France et l'Espagne, l'Angleterre et l'Autriche. On ignore les projets actuels d'Alexandre sur la Pologne. Mémoire de Pozzo de Borgo contre le rétablissement de la Pologne.
InjQuence qu'exercent sur les afTaires d*Italie et en particulier sur cçUes de Naples, les nouvelles liaisons entre TEspagne et la France et leur refus de reconnaître Murât. Attitude peu bienveillante de l'Angleterre à l'égard de Murât et rappel de l'envoyé russe à Naples. Murât n'a plus d'autre soutien que l'Autriche. Sa situation vis-à-vis d'elle pourrait changer si réellement il a entretenu une correspondance secrète avec le vice-roi après avoir signé le traité avec l'Autriche . Difficulté résultant de la Constitution donnée par les Anglais à la Sicile d'après laquelle la Sicile et Naples ne peuvent plus être gouvernées par le même prince...
<c Depuis qu'Alexandre a quitté l'Allemagne nous n'avons plus de nouvelles de lui. Les opinions sont partagées sur l'effet que produira son voyage en Russie relativement au projet de Pologne. Les uns croient que le mécontentement qu'il a causé en Russie en détournera l'Empereur Alexandre.
« D'autres croient que pour le faire renoncer à son idée il ne faudrait rien moins qu'une opposition vigoureuse des puissances intéressées. Le délai, auquel il a consenti, prouve que ses projets n'étaient rien moins que mûrs et j'en ai acquis de nouvelles preuves. Je sais entre autres qu'un des hommes dont il fait le plus grand cas, le général Pozzo di Borgo, vient de lui adresser un mémoire extrêmement fort dans lequel il a exposé tous les inconvénients qu'un rétablissement quelconque de la Pologne, et surtout celui dont l'Empereur s'occupe, entraînerait infailliblement pour la Russie. D'un autre côté, les Polonais sont consternés de la résolution de l'Empereur de ne pas toucher Varsovie pendant son voyage.
« Le général Lubiansky (4), qui a vu l'Empereur Alexandre à
1. Cette dépêche, dont nous ne donnons ici que l'analyse faite par le Cabinet noir, n'a été publiée ni par Prokesch Osten ni par Klinkowstrœm.
2. Ne s'agirait-il pas ici de Lubianski (Thomas) (1784-1870) chef d'escadron aux chevau-légers de la garde. Général de brigade en 1813, général de division en 1831, commandant en chef de l'armée polonaise le 17 avril 1831.
LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEUENTS DU CONGRiS 4K
Paris, a assuré en passant par Vienne qu'il n'a donné que des promesses vagues. Cependant la majorité des Polonais s'extasie au seul nom de royaume de Pologne et il est certain que les complices de ce plan, le prince Adam Czartoryski et le prince Antoine Radziwill, assistés par la Harpe et quelques autres philanthropes du même bord remueront ciel et terre pour le faire triompher. »