‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 523 sur 816 · Parif, 24 octobre 1814 (F. 3. 4523 ad · texte numérisé non relu

Parif, 24 octobre 1814 (F. 3. 4523 ad

Anonyme à GAGERN [intercepta) (en français).

Wellington partisan de l'annexion du Luxembourg à la Prusse. État inquiétant de l'esprit public en France. Étonnement que lui cause l'attitude de Talleyrand et des diplomates frcmçais.

M. Fagel (1) a reçu la nuit dernière un courrier de La Haye avec des dépêches relatives à l'objet dont Votre Excellence m'a écrit le 8. Il en a été itérativement parlé à lord Wellington qui persiste à croire que Luxembourg etc., etc., possédés par les Prussiens, seraient d une meilleure défense pour les Etats d'Orange que s'ils appartenaient à ces Etats.

11 est difficile de discuter avec un maître tel que lord Wellington. Il veut que les Etats d'Orange s'étendent de Dinant jusque sur le Rhin à Coblence. Au moyen de cela, le Luxembourg, département prussien, serait séparé des autres Etats prussiens et il faudrait leur accorder ime route militaire à travers les Etats d'Orange et les nôtres. Je vois que dans tout cela il y a encore beaucoup de vague et beaucoup de matières inflammables.

nistrc auprès du duc de Holstcin en 1809 après l'occupation de Hambourg, où il est de nouveau accrédité de 1807 à 1809. Fait comte en 1809. Commissaire général des Départements de l'Elbe, du Weser et de l'EmB en 1812. Ministre de Prusse à Dresde en 1813, puis de nouveau à Hambourg après un séjour à Paris en 1814.

1. Fagcl i Robert, baron de , 1773-1858 d'une vieille famille de Hollande, entra fort jeune dans l'armée, fit contre la France les campagnes de 1793 et 1794, s'expatria lors de la chute de la maison d'Orange, et ne revint en Hollande qu'en 1813. Nommé Ministre à Paris en 1814, il y resta jusqu'en 1854.

Celle-ci allant par une occasion sûre, je puis ajouter l'observation qu'en France Tesprit public est loin d*étre amélioré. Le militaire et le civil ne respirent que guerre et vengeance et portent une haine indélébile aux étrangers, surtout aux Anglais. 11 est douteux que le Gouvernement partage ces dispositions. On croit qu'il se juge encore trop peu alFermi ; qu'il craindrait pour sa propre sûreté, s'il se laissait aller à suivre cette impulsion générale. Le nombre des mécontents augmente depuis quelque temps. D'imprudents amis des Bourbons et surtout de perfides journalistes en sont la cause.

J'avoue que le langage et la conduite des diplomates français, y compris M. de Talleyrand et notre brave L. T. (1), m'ont paru depuis plusieurs mois fort suspects et que les observations ajoutées dans le Moniteur du 22 à la Déclaration du 8 octobre, ainsi que ce qu'on dit d'une Note de M. de Talleyrand du 4 octobre (2), m'ont confirmé dans cette opinion.

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