‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 549 sur 816 · Vienne, 9 novembre 1814 (F. 3. 4694 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 9 novembre 1814 (F. 3. 4694 ad

.... à HAGER

La déclaration de Munster et les espérances des petits Princes et des Médiatisés. L'opinion et les espérances des membres de la légation de Prusse.

La publication de la note du comte de Munster, relative à l'acceptation de la couronne royale par le Hanovre, a augmenté encore l'espoir, caressé par les petits princes allemands et par les Médiatisés, du rétablissement du Saint Empire Allemand et de la reconstitution du Corps germanique.

On rencontre tous les soirs chez la vieille comtesse douai-

rière Pergen Groschlag, les comtesses Schœnborn, Colloredoy la Land^aveFûrstenberg(l), les comtesses Groschlag, Chotek, Hoyos, Cobenzl et Callenberg et la princesse Batthianji (2), peu d'hommes, à Texception des comtes Callenberg, Kûnigl, Marschall, Bentheim (3) et de M. de Spaen. Ces vieilles dames colportent toutes les anecdotes qu'elles peuvent ramasser sur le compte des souverains et de leurs suites et déblatèrent de leur mieux contre Metternich.

Les personnes, faisant partie, à différents titres, de l'ambassade de Prusse, ne cessent de dire chez Arnstein que leur Roi est si honnête et si loyal qu'il désire et espère que l'empereur Alexandre, qui tient tant à sa réputation de loyauté et de magnanimité, finira par constituer au profit de la Maison de Saxe une sorte de royaume de Pologne, ce qui lui permettrait de se tirer d'affaire et de tenir la parole qu'il a donnée à Paris. Dans ce cas, le roi de Prusse gardera la Saxe, qu'il prendrait à contre-cœur, s'il en était différemment, à cause du caractère particulièrement odieux qu'aurait alors cette absorption. Ils disent que le Hanovre doit cesser défaire partie de l'Allemagne, dans le sein de laquelle il convient au contraire d'admettre le Danemark, et que jusqu'à présent l'entrée des Prussiens en Saxe ne doit être considérée que comme une opération con« sistant à y relever les troupes russes.

A l'heure qu'il est, la Pologne est, à leur sens, la seule question préjudicielle. Si Alexandre cède sur ce point, si la Maison de Saxe obtient la Pologne, si la Saxe est attribuée à la Prusse pour l'indemniser de la cession de ses provinces polonaises, si l'on donne le Hanovre au Danemark, tout s'arrangera facilement et rapidement et on aura établi en Europe un équilibre qui devra assurer au moins quinze à seize ans de paix profonde.

1. Il s'agit ici ou bien de la princesse Thérèse Schwarzenberg, mariée en 1801 au landgrave Frédéric Egon Fûrstenber^ç ou plus probablement de sa belle-mère la comtesse Sophie-Thérèse d'Oettingen-Wallerstein, mariée en 1773 au landgrave Joachim-Egon de Fûrstenberg.

2. Probablement la princesse Louis Batthianyi, née comtesse Elisabeth Pergen.

3. Très probablement le comte Alexandre-Frédéric de Bentheim -S teinfuri (1781-1860).

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 487 703. Vienne, 7 novembre 1814 (F. 3. 4594 ad 3565).

.... à HAGER

A en croire le prince Koglowski (1), Alexandre désirerait ardemment la fusion des Eglises grecques et romaines, parce qu*il médite de vastes projets et que de plus, il se sert pour le moment des Jésuites afin de gagner ^ grâce à eux, les Polonais. On dit que les Russes n'ont en aucune façon désiré voir Schwarzenberg et Stadion prendre part aux discussions du Congrès (2).

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