‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 55 sur 816 · Vienne, S aoùl ISli (P. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, S aoùl ISli (P. 1. ad

GBNTZ à KARADJA {inlercepU en français) (.\aalyse du Cabinet noir).

Bruits rctalîfa au Tojrage de Marie-Louise i Aix. Les prélciilioiis de la Iteine d'Etrurie sur Parme. L'itinirairc de Castiereagh (2) al l'arrivée de lord Aberdeea.

On a beaucoup parlé du mauvais effet que le voyage de Harie-Louise aux bains d'Aix en Savoie doit avoir causé à Paris, de l'ombrage que la Cour de Russie en aurait pris, du but secret de ce voyage qui n'aurait été rien moins qu'une entrevue avec Napoléon à l'Ile d'Elbe. Les journaux anglais ont enflé et brodé ces bruits et en ont même pris acte pour

I.Luiio Carracciolo, duc de Rocca !loraana,grsnd-£cuyer de Murât. Ctiarsf de rsmeUre A François !•' une lettre de Joacbtm en date de Naples 13 Juillet, Rocca Romana arriva i Vienne te 30 Juillet.

1. Bien que la plus grande partie de cette dépêche ait éii publife en alJe- ■iMnd par KlinkowatroBm (pages 399-400), j'ai cru intéresBaut d'en donner ici le teit« original français, tel qu'il a été transmis par le Cabinet noir, d'autant plus que les deux derniers paragraphes relatifs i lord Castlereagh «t t lard Aberdeen a« flpirent pat dans le livre de Klinkowitmni.

supposer je ne sais quelle intelligence secrète entre la Cour de Vienne et Napoléon. Ils ont relevé surtout l'histoire d'une compagnie de lanciers envoyés par Napoléon pour escorter son épouse et la conduire au lieu de son exil.

La vérité de tout ceci est que Tlmpératrice Marie-Louise s*est rendue aux eaux d'Aix en Savoie d'après Tavis de ses médecins et avec le plein consentement de rEmpereur,son père ; que celui-ci s'en est expliqué avec le roi de France dans des termes qui n'ont pas pu susciter Tombre d'un soupçon ; que Napoléon a été si mal instruit de ce qui se passait à Vienne et des projets de son épouse qu'il a cru qu'elle se rendait à Parme et qu'il a envoyé, en effet, une trentaine de lanciers dans cette ville pour lui servir de gardes, lesquels ont été immédiatement renvoyés par la Commission autrichienne, chargée du gouvernement provisoire de Parme ; enfin que l'Impératrice Marie-Louise a laissé son fils à Vienne, a pris le chemin le plus court par le Tyrol et la Suisse et a été reçue à Aix par le général autrichien comte de Neipperg, chargé de lui tenir compagnie pendant son séjour, et qu'après la saison des bains elle retournera se distraire à Vienne pour y résider jusqu'à la décision finale de la seule affaire politique qui puisse encore la regarder et qui est celle de son établissement dans les duchés de Parme et de Plaisance.

Il s'agit encore de discuter les objections que la reine d'Etrurie, sœur du roi d'Espagne, a fait entendre contre cet arrangement au nom de son fils. D'après l'ancien ordte des choses, ce fils eût été l'héritier indiscutable de ces duchés ; mais la cession, que son grand-père a faite de ces duchés au Gouvernement français, était formelle, garantie par la Cour d'Espagne et par conséquent irrévocable. A moins que l'Autriche ne préfère d'autreis duchés pour Marie-Louise et son fils, les prétentions de la reine d'Etrurie ne changeront rien aux dispositions de la Convention du 11 avril (1).

Lord Castlereagh a fixe son départ pour le Congrès au 19 de ce mois. Il va par Bruxelles, Francfort, la Suisse et le Tyrol et n'arrivera à Vienne que vers la mi-septembre (2).

Lord Aberdeen (3) arrivera aujourd'hui avec la commission qui porte à l'Empereur l'ordre de la Jarretière.

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