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Ministre de Prusse à Stuttgart

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ration Germanique, tel qu'il doit avoir été concerté à Vienne entre les Ministres de TAutriche, de la Prusse et de TAngleterre-Hanovre, dans la conférence du 10 octobre (1).

Les remarques, écrites de la main du Roi pour accompagner cette communication, ont fait voir que Sa Majesté Wurtembergeoise n*est rien moins que satisfaite de ce plan, d*abord parce qu'il a été fait par les puissances sans le concours de la Bavière et du Wurtemberg et de manière à ne laisser à ces deux Corps que le rôle secondaire d'y accéder, mais ensuite parce qu'au dire de Sa Majesté il n'épuise pas la matière et que ses idées principales ne s'accordent pas entièrement avec les vues de Stuttgart.

Les négociations de cette Cour auprès du Congrès se dirigèrent constamment vers le double but^ et de conserver pour l'administration intérieure la souveraineté la plus illimitée possible, et d'étendre pour l'extérieur aussi loin que possible son iniluence dans les affaires générales de l'Allemagne.

C'est pour cela que le roi de Wurtemberg avait d'abord appuyé l'idée d'un sénat de Rois à établir dans la Confédération Germanique et à composer de TAutriche, Prusse, Bavière, Wurtemberg, Hanovre même, avec une double voix pour chacime des deux premières puissances afin de décider en dernier ressort, sans le concours des autres Etats allemands, non seulement les affaires militaires, mais toutes les affaires générales et majeures de l'Alllemagne entière.

Il parait même que le Roi avait ajouté, il y a quelque temps, ridée de partager le Corps Germanique dans le Nord et le Sud, parce qu'alors les intérêts de l'Autriche et de la Prusse auraient été divisés ; que l'activité du Sud pour balancer le Nord serait devenue plus importante, et que le ^Wurtemberg aurait eu plus de poids dans les affaires séparées du Sud.

Il est certain que dans le principe, le roi a pris dans ce sens quelques ouvertures vagues du prince de Metternich et donné en conséquence des Mémoires détaillés en régalant de ceux-ci, sinon le Congrès même, du moins ses ministres ici, auxquels en général il écrit maintenant beaucoup sur les négociations de Vienne, soiis le sceau du plus grand secret^ et quelquefois même avec ordre de brûler ses dépêches après lecture.

1. D'Anobbbrg. 310-315. 20 octobre 1814. Déclaration du roi de Wurtemberg au comité des afTaircs d'Allemagne de ce jour sur les douze points présentés comme bases de la constitution allemande.

l'ouverture du congrès, — LA SAXE ET LA POLOGNE 491

Je ne saurais passer ici sous silence que dans le même esprit, le Roi, écrivant à ses Ministres d'ici, s'attache souvent à relever tout ce qui pourrait marquer quelques discussions entre les Grandes Puissances. Il Ta fait nommément lors de la prorogation du Congrès au 1" novembre qu'il attribuait d'abord à des discussions avec la Russie au sujet de la Pologne, et il ne demanderait peut-être pas mieux que de voir en général régner la discorde là où maintenant la plus belle harmonie réunit les souverains alliés pour le salut de l'Europe.

Quant à la nouvelle dignité royale de Télectorat de Hanovre, le roi de Wurtemberg l'avait tout de suite annoncée par un billet de quatre lignes à la reine comme un événement fort agréable pour eux deux. Personne n'a pu douter de ceci, vu que par la nomiùation d'un nouveau roi, dont les Etats allemands se trouvent de plus être inférieurs à ceux du roi de Wurtemberg, celui-ci pourrait se flatter de n'avoir plus à jouer le dernier rôle parmi les têtes couronnées. Mais on a parlé dernièrement à la cour de discussions entre les ministres du nouveau royaume de Hanovre et ceux de Wurtemberg sur le rang des deux rois, discussions qui ont dû affecter le roi à tel point qu'il en a été quelque temps malade, mais qui s'aplani» ront à la satisfaction générale, comme on l'espère ici.

Un autre sujet de mécontentement lui vient des justes soins que prend le Congrès à donner aux Etats allemands une bonne Constitution intérieure. Le roi, soit sur une sommation quelconque faite de la part des souverains alliés, soit pour avoir l'air de les avoir prévenus à 1 égard de son propre royaume, a déjà enjoint il y a quelques semaines, à son ministre d'Etat, Mandelslohe de faire dresser un plan de Constitution Wurtembergeoise, et ce ministre en a chargé le conseiller de justice Georgi, homme très versé dans les affaires de ce pays et qui était autrefois au service des Etats de Wurtemberg. Cette constitution doit comprendre deux Chambres, la première composée des nobles, la deuxième, des représentants des villes et des propriétaires de biens ruraux et leur assigner une part décisive à la législation et aux impositions publiques.

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