Vienne, 8 novembre 1814 (F. 8. 4312 ad
Ce que les Viennois pensent d'Alexandre^ des rois de Prusse et de Danemark.
La conduite d'Alexandre en Hongrie.
Alexandre n*a pas su se rendre aussi sympathique qu'il Taurait pu et dû. On constate en général qu^il était plus populaire, plus apprécié avant qu'on ait pu le connaître. On lui reproche de n^avoir aucun intérêt pour les choses de l'Art. On est encore à attendre de lui un trait témoignant de sa part quelque originalité ou quelque mouvement spontané. Les dames, qui exercent une action si considérable sur l'opinion, ne lui sont en général pas favorables. Elles se Tétaient figuré tout autre qu'il ne leur est apparu. Elles s'attendaient à voir un Apollon et à n'^avoir qu'à admirer sa conduite et ses manières. Elles ont été profondément déçues.
Le roi de Prusse est peut-être personnellement préféré à Alexandre, mais il porte le poids des faussetés et des prétentions de son gouvernement et de son entourage qui affecte de professer un certain mépris à l'adresse des Autrichiens.
Le roi de Danemark est le seul qui ait beaucoap gagné dans l'opinion. On le plaint et on s'intéresse vivement à lui.
Lors de la présentation qu'on fit à Alexandre de la noblesse hongroise, il afficha le plus parfait dédain, daigna à peine leur parler et adressa tout au plus quelques mots à de jeunes officiers. Au bal donné par la comtesse Sandor, il n'édiangea pas un mot avec elle, il n'y resta que quelques minutes pour se rendre à la Redoute où il passa le reste de la nuit à danser avec la fille d'un apothicaire. Il a mis le comble à tout cela en laissant libre cours à sa colère lors de la visite qu'il fit au
49Ï ACTOUR DU C05GRft8 DE
tombe au de sa sœur à Urœm ? ( 1 ), parce que la litui^e n^était pas la même que celle qu'il avait rhabilude d'entendre à Saint- Pétersbourg.