‹ Les dessous du Congrés de Vienne (volume 2)Chapitre 571 sur 816 · Vienne, 10 novembre (F. S. 4641 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 10 novembre (F. S. 4641 ad

FREDDI à HAGER (en français) (Rapport de chez le Nonce).

Opinion de La Harpe sur la Polo^pae. La Saxe et Mettemich. Le Roi de Prusse et la Saxe

La Harpe et Miranda étaient parmi les convives invités par

le Ministre de Suisse Mûller au diner qu'il donna avant-hier.

La HarpCy selon les assertions de Miranda (1)« fît des obser-

1. Miranda (Chevalier de), Chargé d'affaires de Portugal à Vienne.

l'ouverture du congrès, — LA SAXE ET LA POLOGNE 503

vations très judicieuses sur Tétai actuel des choses et sur le besoin impérieux de réformer et de constituer sur d'autres bases le système politique de TEurope, et après avoir, avec une saine logique appuyé ses raisonnements et avoir dit que < la Politique a des yeux et point d'entrailles », il assura que le sort de la Pologne et de la Saxe était irrévocablement fixé, bon gré ou malgré les autres puissances du parti de l'opposition.

La Harpe jugea aussi la conduite et les talents de M. de Metternicb,qui selon lui, n'était pas en état de se mesurer avec les Hardenberg, Talleyrand, Stein, etc., etc., et qu'il croyait, attendu les bruits dont la ville était pleine, qu'il touchait à la fin de son Ministère. « Les qualités brillantes du prince de Metternich et ses dehors gracieux, son penchant à la plaisanterie le rendent plus propre à la place d'ambassadeur que de premier Ministre. On l'enverra probablement à Paris où il a des liaisons assez distinguées. C'est absurde en politique, et c'est en outre dangereux pour la cause de l'Autriche, que d'avoir un Ministre qui est méprisé par les nationaux et haï par les étrangers. C'est une chose bien étonnante que d'entendre Topinion publique aussi prononcée contre le Ministre. »

M. de Mirande m'a répété mot pour mot cette conversation de M. de La Harpe. Il m'a aussi parlé hier au soir d'avoir entendu confusément dire qu'un courrier français venant de Paris fut arrêté avant hier aux Lignes (I) pour cause de contrebande et conduit à la douane pour les inspections prescrites par les lois, ce qui avait donné lieu à des plaintes de M. de Talleyrand. Il m'u demandé des nouvelles sur cette affaire, sur quoi je lui répondis que j'ignorais entièrement le fait.

Le comte Zichy, ministre à Berlin, actuellement ici, ayant été faire sa cour avant-hier au roi de Prusse, celui-ci lui dit qu'avant le 15 décembre il ne pourrait pas partir, et il lui annonça que dans le même temps il s'arrêterait en route à Dresde pour régler les affaires de ses nouveaux Etats.

1. On appelait lignes les limites et barrières de l'octroi de Vienne qui n'ont disparu, pour être reportées plus loin, que tout récemment, lors de l'extension donnée à la capitale.

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