Paris, 5 novembre 1814 (F. 4.4<05 ad
FAGEL à G.\GKRN (inlerceplà) (en français).
On augure mal du Congrès. On s'attend au retour prochain de Tallejrrand. II espère que le prince d'Orange deviendra roi. Les arrestations à Paris et l'état des esprit en France.
Je suis peu enchanté de ce que Votre Excellence me dit du Congrès et de la politique. Nous ne savons pas grand'chose ici ; mais tout le monde s'accorde à regarder comme très embrouillées les affaires les plus importantes. Allemands, Anglais et Français voient également en noir. Ces derniers assurent que Talleyrand sera de retour ici, rehus infactiSy avant quinze jours. Ce que je désirerais, rébus sic stcuitibus^ pour nous autres ducaux, c'est que comme il j a cinq rois, {sonst hatte man an den Heiligen drei Kœnigen schon zu ri>/)(l) il put y en avoir six et que le sixième (Orange) fût, comme les autres, agrégé à la Confédération Germanique.
J'apprends avec plaisir que le prince n*est pas contraire à un tel plan, et je le crois fait pour obtenir l'approbation de Votre Excellence.
On a fait ici ces jours-ci des arrestations (2). On parlait de conjuration. Le fait est qu'un ofGcier supérieur s'est avisé de vouloir enrôler des volontaires pour les mener à Sa Majesté Haïtienne et que, comme de raison, on a trouvé
1. Jusqu'ici on trouvait déjà beaucoup d'avoir les Trois Rois.
2. Cf. dans Polovisof, Correspondance diplomatique, etc., t. 1, p. 113, Dépêche n"* 105. Boutianfuinc au comte de Nesselrode, Paris, 8 novembre 1814 » à propos des arrestations et du général Dufour.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 553
Je procédé fort incongru et qu'on a coffré raventurîer. Cela n'empêche pas que le mécontentement aille toujours son train. Je ne pense pas que cela puisse avoir des suites dangereuses. On parle trop haut pour cela. Les Français n'ont cessé d'être mécontents, ou de se dire tels, que sous Bonaparte, parce queBicêtre ou Vincennes leur fermaient la bouche. Du moment qu'on les laisse parler, (et Dieu sait qu'ils en ont la pleine faculté à présent) je ne crois pas qu'il y ait rien à craindre. Ce qui me parait plus dangereux, c'est leur animosité contre les étrangers. Que ce sentiment violent et haineux soit par* tagé par le gouvernement ou non, il me paraît également menaçant et dangereux, car il ne peut aller qu'en croissant.
805. Londres, 33 octobre-4 novembre 1814 (F. 4.4405 ad 3565).
LIEVEN (1) au comte de NESSELRODE (intercepta) (en français).
Suspension du licenciement d'une partie de l'armée anglaise et des milices. Causes de cette mesure. Satisfaction causée par la création du Royaume de Hanovre. Retrait de la garnison anglaise de Madère.
Le gouvernement a suspendu le licenciement des régiments de milice et des seconds bataillons dans l'armée. Le prétexte, qu'il donne pour cette mesure, est fondé, pour la milice sur la situation toujours précaire des affaires en Irlande, et quant aux seconds bataillons, sur la guerre d'Amérique.
Quelque plausibles que paraissent ces raisons, je croirais, d'après mes propres observations, pouvoir en donner une à votre Excellence qui semble l'emporter sur toute autre. C'est l'état, incertain encore, des affaires de l'Europe, à côté duquel le gouvernement britannique ne perd pas de vue l'esprit inquiet de la nation Française, tout en rendant justice aux dispositions pacifiques de son Souverain et de ses ministres. En effet, les relations entre les deux cabinets sont celles d'une parfaite amitié et deviennent plus intimes tous les jours.
l.Licven .Christophe Andreiéwitch^, Major Général russe, d'abord protégé par Paul I*', nommé par Alexandre !•' en 1810 ministre à Berlin puis en 1812 d'abord ministre et peu après ambassadeur de Russie à Londres, il y resta jusqu'en 1834. Rappelé par l'Empereur Nicolas, il devint gouverneur du futur empereur Alexandre. Fait prince en 1826, Lieven mourut à Home en 1888.
554 AUTOCm DC GO^CaÈS de TIE55E
M'étant troinré à Brighion Ion de rarrivée des dépêches de Vienne relatives à l'adoption da nomreaa titre de Roi de Hanovre, j*ai été témoin de la satisfaction que le Prince Régent a épronvée à cette occasion.
Le gonvernement britannique s'occnpe pen à pen de Tezécntion de ses engagements dans les traités de paix. En conséquence, il vient de retirer de Tile de Madère la garnison anglaise qui l'occupait depuis plusieurs années.
8C6. Vienne, 19 norembre 1814 (F. 4. 4773 ad 356»).
IIAGER à L'EMPEREUR BoBDEREAU ci RAPPOBT joumalier. Vienne, 19 novembre 1814.
Envoi des pièces et rapports do 18.
II lui rend compte qu'en attendant qu on puisse Fouiller diex le comte Betbusj et ouvrir ses lettres, on a pris l'empreinte de son cachet.