Vienne, le 23 novembre 1814 (F. 4. 4613 ad
Anonyme (Empereur ALEXANDRE) à LOUISE (M°»« BETHMANN) (i)
[intercepta, à l'encre sympathique).
Sous le couvert de MU* Idzstein, à Francfort-sur-Ie-Mein .
Enfin j'ai eu de tes nouvelles, ma bien aimée.
Mes yeux privés de te lire depuis si longtemps ont eu le bonheur de contempler cette écriture chérie, dont la vue seule me prouve combien tu m'es chère, combien tout dans Timivers 8*efface à mes yeux lorsqu'il me vient quelque chose de toi. Et ce qui met le comble à mon bonheur, c'est la certitude que tu te portes bien, que le seul petit être, dont tu prétends si ingénieusement que tu puisses être chalousCy en un mot, l'objet de tes tendres aiïections (2) bien.
Aussi, comment après de telles nouvelles t^exprimer tout ce qui s'est passé au fond de mon cœur. Il me faut tous les sentiments de mon devoir, toute 1 (2) Timprudence que je commettrais si je précipitais les choses, pour ne pas voler dans tes bras et y expirer de bonheur.
J'avais hasardé de t'écrire deux fois, même avant d'avoir eu de tes nouvelles. Je t'ai adressé mes lettres, toujours comme par le passé, sous le couvert de notre amie, et tu ne m'en dis pas un mot, ce qui me fait craindre que le tout ne se soit égaré.
La manière, dont tu m'as fait parvenir la tienne, est très bonne et très sûre. Je te conjure à genoux de m'écrire encore. Adieu, mon unique aimée.
Le i23 novembre 1814. Je te prie de mettre la date sur tes lettres.
1. Louise-Fredcriquc Boode, d'Amsterdam, avait épousé en IKIO Simon- Maurice de Bethmann.
2. Mots efTacés dans io texte et qu'on n'a pu faire revenir sur la feuille écrite à l'encre sympathique.