Vienne, 10 septembre 1814 (F. 1. ad
BARON DE SPAEN (1) à NAGELL (2) (à la Haye) {intercepta)
(Analyse).
A propos de ta mort de Marie-Caroline (3) et de ses conséquences pour Murât et Ferdinand IV.
€ Le roi de Saxe se refuse à tout arrangement. Il dit qu'il lui faudra bien céder à la force, mais qu^il ne saurait accepter à Tamiable aucune compensation. »
La Saxe est dans un état lamentable.
92* Vienne, 18 septembre iai4 (F. 1. ad 3565).
HUMBOLDT au ROI DE PRUSSE (intercepta en français).
La mort de Marie-Caroline et ses conséquences. Le projet de mariage de l'archiduc Charles et de la grande-duchesse Catherine n'est pcM abandonné. Bruits répandus à propos de Marie-Louise. Les modifications projetées et relaUvea. à l'organisation des ministères ne sont pas encore arrêtées.
La mort de la reine de Sicile est généralement considérée conune un événement qui pourra tourner à l'avantage du roi, son époux, et être fatal au roi actuel de Naples. Le caractère turbulent de cette princesse et Tesprit de vengeance qu'elle avait montré à son premier retour à Naples après la Révolution lui avaient aliéné les cœurs de ses anciens sujets, et ceux, qui avaient des raisons de craindre son animosité^ la redoutaient trop pour ne pas travailler autant qu'ils pouvaient contre le retour de Tancienne dynastie.. Ce retour est donc facilité par là...
J'ai eu l'honneur de dire à Votre Majesté dans un der-
1. Spaen de Voorstonden (Gérard-Charles, baron de) Ministre plénipotentiaire des Pays-Bas et envoyé extraordinaire près la Cour de Vienne.
2. Nageli tôt Ampsen (Anne-Willem Karel, baron de) Chambellan et secrétaire d'Etal du prince souverain des Pays-Bas, puis ministre des Affaires étrangères du roi.
3. Marie-Càrolinc mourut d'une attaque d'apoplexie au château d'Hetzeudorf dans la nuit du 7 au 8 septembre.
nier rapport qu'on croyait que le mariage entre Tarchiduc Charles et la grande-duchesse Catherine était seulement suspendu et non pas rompu.
Je tenais, ainsi que je l'ai marqué, cette prétendue rupture du ministre russe qui avait reçu des lettres d'Egra. Le comte de Stackelberg a été le premier qui m'a dit que les bruits de rupture avaient été faux et qu'il considérait Talliance comme certaine. Il s'explique cette version en disant que les personnes, qui ont le plus secondé ce projet, s'apercevant que le bruit en devenait trop public avant qu'il ne fût certain, ont répandu à dessein le bruit de la rupture pour donner le change au public.
On prétend que Marie-Louise ne viendra pas en Autriche, où elle devait habiter le château de Schlosshof près de Prèsbourg, mais qu'elle passera Thiver à Graz. Il y a quelques jours le bruit se répandit que le Général Neipperg avait envoyé son aide de camp en courrier ici, qu'il avait découvert des projets secrets entre Joseph Bonaparte et des personYies qui accompagnaient l'Impératrice et que cette princesse même n y était pas étrangère. On ajoutait que le général ne s'étant pas cru en sûreté à Aix, il y avait appelé un régiment autrichien du Piémont.
Jusqu'à présent, rien n'autorise à croire à ces nouvelles, et TofOcier, qui était venu, était non pas un aide de camp de Neipperg, mais un officier qiu avait été envoyé ici pour demander des instructions ou des fonds pour la continuation du voyage de l'Impératrice.
Le projet d'organisation du Conseil d'Etat n'était pas définitivement arrêté. Il ne doit pas y avoir de sessions générales, mais seulement par sections et le comte Wallis présidera celle de l'Intérieur, le comte Zichy, celle des Finances, et le Conseiller d'Etat Pdeger, celle delà Justice... Les conférences ordinaires, auxquelles on admet à présent les Conseillers d'Etat,, ne seront apparemment plus que des seuls Ministres...
Vienne, 14 septembre 1814.