Vienne, 17 septembre 1814 (F. 1. ad
LA TOUR DU PIN (2) au PRINCE DE BÉNÉVENT
Rentrée de Metternich à Vienne le 16. Pas de nouvelles importantes. Metternich croit à l'issue prompte et prochaine du Congrès.
1. Augarten, Propriété impériale située entre la Brigitten-Au et le Prater. Jardin et parc à la française, ouverts au public par ordre de Joseph II. D'après la Chronikdes Allgemeinen Wiener Kongresses, N»du 4 octobre, p. 15, lord Castlereagh aurait habité non pas VAugarien^ mais la maison connue sous le nom de Im Auge Gotte$ (A l'œil de Dieu).
2. La Tour du Pin Gouvernet (Frédéric, marquis de) (1758-1837). Colonel au début de la Révolution, il fut nommé ministre k la Haye. Destitué en 1792, il émigra et rentra en France sous le Consulat et devint préfet d'abord à Amiens, puis à Bruxelles. Il suivit Talleyrand à Vienne et fut à la fin du Congrès nommé de nouveau ministre à la Haye, puis à Turin. Il se retira en
M. le Prince de Metternich, qui a habité Baden depuis que je sois ici, est rentré hier en ville. On avait été un moment incertain si quelques-uns des ministres du cabinet n'iraient pAs j passer quelques jours pour être plus libres ; mais il paraît qu'il leur a mieux convenu de ne pas quitter la ville.
Je garde toujours le silence sur la foule des projets qu'enfante le moment présent et je ne crois pas que tout ce qu'on dit sans consistance soit digne de l'attention du roi. Le prince de Metternich, dont l'opinion a nécessairement un tout autre poids, continue de manifester la plus grande confiance dans une issue heureuse et prompte du Congrès.
Votre Altesse au bout de six heures de séjour ici en saura tellement plus que moi que je ne me hasarderai pas à l'égarer par de fausses conjectures sans aucune utilité.
VÙDoe, le n septembre 1
BRtGNOLE au SÉNAT DE GÊNES (intercepta en italien) (Analyse).
11 a parlé avec Metternich qui l'a reçu très aimablement et qui, après avoir examiné longuement l'objet de ses demandes, lui a dit < que la solution dépendrait des discussions qui auraient lieu au cours du Congrès ; qu'il était en tout cas dans ses intentions, à lui, Metternich, de compenser la perte éventuelle de notre indépendance en nous faisant accorder des privilèges, dont je ne connais pas encore la nature, mais que je crois absolument illusoires. Je ne manquerai et ne cesserai pas de combattre cette chimère... >
11 ajoute un peu plus loin que Metternich lui a fait des remarques asseï singulières relatives à la conduite et à l'attitude des mécontents de Gênes qui veulent et désirent un royaume tVltalie :
« J'ai tout lieu de croire, écrit-il, que c'est là un tour du Cabinet dé Turin. Je m'appliquerai à démasquer cette intrigue «t à justifier notre gouvernement. Mais entre temps Vos Seigneuries feraient bien de prendre les mesures nécessaires
pour surveiller et réprimer ces velléités et d'enlever ainsi tout prétexte de mécontentement à la Cour de Vienne. »
Pendant que du 15 au 20 septembre on multiplie les instructions relatives aux mesures à prendre à l'occasion de l'arrivée des rois de Danemark et de Wurtemberg le 22, de l'Empereur de Russie et du roi de Prusse le 25, de l'Impératrice de Russie le 27 et du roi de Bavière le 28; qu'on décide d'adjoindre, pour toute la durée des fêtes et cérémonies du Congrès, un capitaine de la garnison de Vienne à chacun des commissaires de police de la capitale ; que TrauttmansdorfT, le grand maître des Cérémonies d'une part, le général Stipsich(i) de l'autre, ne cessent de communiquer leurs vues, leurs propositions et leurs décisions au baron Hager, les différents agents de la PolizeiHofstelle surveillent déjà de très près tous les personnages arrivés à Vienne et fournissent entre autres à leur chef un certain nombre de rapports confidentiels et particulièrement intéressants que Hager envoie à l'Empereur par son bordereau du 21 septembre.