Vienne, 20 septembre (F. 1. 3613 ad
SIBER à HAGER
Surveillance des Prussiens et surtout de Hardenberg du 17 au 20 septembre. Les petits princes et leurs idées sur la constitution de T Allemagne.
Hardenberg, arrivé le 17 avec le général Knesebeck (2), le conseiller intime de légation Jordan et deux chasseurs, loge £^u Graben 2* étage. Maison Wielmann. Il a reçu la visite du secrétaire d'Ambassade Zahn, du conseiller aulique Barber, du Conseiller d*Etat Hoffmann.
Le dimanche 18, visites du conseiller aulique baron Bartholdi (cousin du baron Arnstein), des conseillers intimes Zerboni diSposetti et von Werkstein.
Hardenberg va chez Nesselrode, Saint-Marsan, Castlereagh. Humboldt, chez lequel il dîne, le prince Trauttmansdorff, le comte Charles Zichy, la princesse de la Tour et Taxis, la princesse Bagration, puis le soir chez Metternich de huit à dix heures où il se retrouve avec Nesselrode et lord Castlereagh. On en avait même conclu que la première conférence diplomatique avait eu lieu ce soir-là.
1. Conseiller intime du grand-duché de Hesse, ministre d'Etat et représentant de Hesse-Darmstadt au Congrès.
2. Knesebeck v Charles- Frédéric, baron de) (1764-1848) Ût dans l'armée prussienne les campagnes de 1792-1794 et de 1806. Ennemi acharné de la France, il se lia avec Scharnhorst et passa au service de l'Autriche en 1809, reçut en 1811 une mission secrète en Russie et fit comme général les campagnes de 1813-1814. Elevé plus tard à la dignité de feld-maréchal, il commanda en 1831 une armée d'observation lors de l'insurrection de la Pologne contre les Russes en 1830.
9i AUTOUR DU CONGRÈS DE VIENNE
Le 19 il reçoit la visite du colonel comte d'Isenburg, des princes Paul Esterhazy, Kaunitz, Wenzel Liechtenstein et Wrede, du Marquis de Saint-Marsan, du chargé d'affaires turc Mavrojény, enfin du ministre de Hanovre, comte de Hardenberg, qui met le prince au courant des usages de Vienne.
Après avoir dîné chez le comte Stackelberg, il se rend chez Metternich, où il reste de huit heures îi minuit avec Castlereagh et Nesselrode. Hardenberg avait eu à midi une audience chez l'Empereur et avait ensuite travaillé chez lui avec son secrétaire.
Le soir, arrivée du courrier prussien, le feldjœger Hermann, porteur de deux paquets pour le prince, de lettres pour le prince héritier de Mecklemburg-Strelitz (I) et pour le capitaine Ferner, aide de camp du Général Prochaska (2).
Rien n'a encore transpiré au sujet des négociations. L'accord semble établi et on attend impatiemment l'arrivée de Talleyrand qui, espère-t-on, n'exercera pas une grande influence sur la marche des affaires.
Les petits princes et les anciens Etats se proposent, dit-on, d'offrir à l'Empereur la couronne héréditaire de TEmpire d'Allemagne et insistent pour que les quatre départements de la rive gauche du Rhin deviennent, afin d'être le vrai boulevard de l'Allemagne, la propriété de 1 Empereur d'Allemagne. L'Angleterre approuverait, assure-t-on, ce projet qui n'est pas du goût de la Prusse et de la Bavière. On croit de plus qu'en cas de difficultés ou de refus de la part de l'Autriche, on constituerait une Confédération formée de sept grands Etats. Le comte de Solms-Laubach a prétendu dernièrement que l'Autriche refuserait la couronne Impériale. Il a dit : < 11 faut espérer que l'Autriche oubliera les griefs, les rancunes d'autrefois pour ne plus songer qu'au bien de l'Allemagne (3). »