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En Italie

(Suit tout un paragraphe sur les opérations des Autrichiens et des Napolitains.)

Il serait trop heureux que l'Italie devint un royaume indépendant de tous les Barbares qui la ruinent et TabAtardissent. Les Allemands sont des éteignoirs des sciences et des arts qui ne connaissent que le sabre et la baïonnette.

Je suis de bien mauvaise humeur contre le genre humain. Les hommes auraient besoin d'être renouvelés ; ils sont dégénérés. Vivent les Français I Ce sont eux seuls qui sont dignes.

Je crois que ce sera la dernière lettre que je vous écrirai, car je vais rompre avec tout le monde et me calfeutrer chei moi avec mes livres.

2427. Alost, 9 mai 1815 (F. 3. 384.3388 ad 2).

Général Comte de TROGOFF (Ij à la Baronne de STILLFRIED,

née Comtesse Favras (à Prague)

(Interceptée à Prague le 20 mai 1815).

L'armée de Bonaparte l'abandonnera au premier coup do fusil. La caTilerie de Monsieur. L'immortalité du duc d'Angouléme. La Vendée. Napoléon déménage et pille les Tuileries. Il embarque le produit de ses vols. Ney mis en prison par ordre de Napoléon. Une altercation A la Comédie frAOçaise. Le départ de la princesse Charlotte. Le désespoir de la Maréchale Ney et les résolutions de M** de La Bédoyère.

Il commence par lui dire qu' « il croit à la défection de l'armée de Bonaparte au premier coup de fusil » ; que « La Fraoce

1. Trogoff (Joachim-Simon), maréchal do camp, né à Quemper-Guéseonec (Côtes-du-Nord) le 22 novembre 1762. Mort le 16 novembre 1840. Entré au service comme volontaire dans la marine en 1781 ; embarqué comm^ volontaire sur la Résolue le 17 mars 1782, sous-lieutenant au régiment de Viennois qii'i' rejoint à Saint-Domingue. Débarqué à Rochefortle 14 juillet 1782, sous-lieutenant provisoire, il ne put obtenir de lettre de confirmation, parce qu'il ne pul faire preuve de quatre degrés de noblesse. Emigré, il rejoint l'armée de Condé. Capitaine aide-mcgor A la Légion du Morbihan au commencement de 1791, aide de camp du prince de Rohan-Hochefort et capitaine au corps franc Loois de Rohan, puis au 2* bataillon léger Charles de Rohan le 1*' novembrdl79l. passé au régiment autrichien Frœlich -Infanterie le 31 août 1801, mi^^^ ^ '' Légion de Bohême puis au régiment Reuss-Greitz, devenu Vogêlang et Àrgenteau (15 mars 1809), mis A la pension de retraite le 10 septembre 1812, rentré au service ei placé A i'état-m^or du quartier- maître de l'armée autri*

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r attend son Rni et le premier coup de fusil sera le signal de l'abandon et de la chute du Monstre. > Monsieur forme une cavalerie superbe et bonne. J'organise à force et j'espère avoir sous les ordres de Monsieur un , corps dont on sera sûr et à la tête duquel nous reparaîtrons à Paria (1). Mgr le duc d'Angonlême est à Bordeaux (2). U n'a pas capitulé et l'affaire de Montélimar l'a immortalisé. Il j a été aussi brillant (^ne capable. 11 a été tr.nliî. Que pouvait-il contre cette criminelle turpitude?

La Vend(5e est en pleine marche et le Monstre ne sait quel parti prendre. 11 nous aurait déjà attaqués s'il avait pu compter sur ses scélérats. 11 fait fondre en lingots de deux livres tout l'or et l'argent qu'il peut trouver, 11 a démeublé les Tuileries et deui frégates reçoivent ses vols à Rochefort. Vous apprendrez l'embarquement de l'infâme pour l'Amérique. Tout ce qui nous arrive de Paris le croit. Le traître Ney est arrêté par le Monstre. \\ est dans une

chienne en aoûl 1813. colonel au «crvice de France el aiJe de camp de Mo iJeur le II février lEU, maréchal de camp et aide de camp de Eilon Altease- Ho^ate le 3 septembre 18U, chef d'EUl-Major de la S* diTiiion d'InTaiilerie de I* Garde Hoyalc le S septembre IBIS. aide de camp lionorairo de Mnnsïeur le 1 juin 1S17, dÎBfonible te ■■'décembre 1817. commandaut la 3' eubdiviaiOD de U 31* division militaire le 1\ avril tSID, commandanL U 7* subdiviaioD da la t" division militaire le :e décembre 1S21, commandant la 3< brigada de la 1" division d'Inrenterio de U Garde Royale te 20 août 1Kï3, aide de camp du rai «n conservant son emploi le t novembre 18:4, a cessé ses ronclion* dans la Garde el de gouverneiu du chiteau de Saint-Cloud le SS aoAt 18tS. Admin au traîlemeal de réforme par ordonnance du 10 août 1830 h compter du 1" septembre, admis i U retraite le 12 février 1S37,

1. • J'bï oublié de vous dire dans ma dernière lettre qui^ l'armée royale cammaudée par TrogolT consista en quelques déserteurs A qui le quartiermaltra est chargé de procurer des souliers. • (Pozio di Borgo A Messelrvde. Bruiellea, * juin IBIS. Lettre particulière. PoLOvtaorr, op. cit., 1, MO). Voici da Kste le jugement que dan* une iungue dépêche du i: avril 1017 (tbidtnt, U, IIB) Poiio di Borgo porto sur le comte d'Artois et sur TrogolT : • Des ■Ides de camp sans talents, sans eipérionco, sans popularité, des intr^aota, cnoorepluBsubaltornes, qu'on ne saurait nommer san^idigoùt, comme BrugM, TrosolT, et autres pareils, se sont emparas de son esprit •■, écrit-il, à Nesaelrode en lui parlant du comte d'Artois, de son étal d'eiprit, de sa conduits et de ses vues.

S. Singulière manière d'écri.e l'hisloire. Tout etl fsuï dans ce qu'affirme U TrogoS. Le duc d'AngouIeme était parti de Bordeaux le 10 mars, et le 8 avril j] signait la capitulation de la Patud, el enfin le 16, il s'onibarquail i Cettt paair l'Angleterre.

La duchetse d'AngouIéme s'était do son c6lé cmburquée à Pauillac, le î avrU.

de ses terres. Napoléon le craignait comme Jacobin. On assure que quinze généraux ont eu le même sort.

Bonaparte habite TElysée Bourbon. Il ne se montre que par un carreau, ce qui Ta fait nommer le roi de carreau.

La canaille crie : € Voulez-vous voir Napoléon pour 4 sols? >

Alors elle va sous ses fenêtres, crie quelques « Vive Napoléon ». Il se montre, et voilà ses succès.

M"' Mars et M"* Bourgoin ont eu une scène fort plaisante avec un acteur, partisan de Tinfâme. Elles l'ont appelé sur le théâtre « Scélérat toujours ami de Bonaparte » (1).

La princesse Charlotte est partie pour Vienne (2).

Post-Scnptum, — La maréchale Ney pense bien. Elle a présenté à son mari en fondant en larmes ses deux enfants en loi disant : € Qu'en ferai-je 1 Vous les avez déshonorés. »

M"* de La* Bédoyère ne veut plus revoir son mari qui ^

1 . Cf. pour la scène en question ce qu'en dit à l'Appendice de ton livre : La Police Politique^ Ernest Daudet dans les pa^es qu'il a détachées d'un au Ire de ses ouvrages : Conspirateurs et Comédiennes,

Après avoir fait remarquer que « M'** Mars, restée au fond du cœur bonapartiste, avait failli expier chèrement ses imprudentes bravades »,que«Talira lui-même, bien qu'il n'ignorât pas que les royalistes le tenaient en suspicion, avait fini par feindre de ne pas s'en apercevoir et de n'être préoccupé que des intérêts de sa fortune et de sa gloire », il i^oute : « Du c6té des femmes, il en était tout autrement, soit qu'elles voulussent, con^e M^^* George, rester fidèle au passé, soit que, comme M^>* Bourgoin, elles eussent jugé utile et habile de l'oublier et de se vouer au royalisme ». « Impérialiste sous Vf^' pire, écrira Ernest Daudet quelques lignes plus bas, M"* Bourgoin était devenue royaliste en 1814, ramenée aux Bourbons par le duc de Berry, neutre pendant les Cent Jours.. . au milieu de l'agitation et des troubles de l'épbèmère retour de l'Empereur, une de ses frasques attira l'attention. On ^° trouve la trace dans le Journal de Paris. 11 publiait le 29 avril 1815 une lettre d'elle où elle se plaint de ce que : « rentrée dans la coulisse pour la seconde «c fois, elle a éprouvé une scène qu'il est inutile de rappeler et qui l'a eoip^' « chée de continuer son rôle. »

Tout naturellement le Comité répondit : « Le Comité, vu la lettre àt M'^* Bourgoin insérée dans le Journal de Paris, n* de ce jour, arrête que I' lettre ci-jointe sera envoyée avec « prière de publier • : « M"* Boargoio • « adressé à MM. les Rédacteurs du Journal de Paris une lettre où elle pr^' a tend qu'elle a éprouvé une scène. M"* Bourgoin se trompe. Elle n'a p>' « éprouvé une scène ; elle en a fait une. » BIn outre le Comité en • consid^ rant qu'elle s'est trop souvent rendue coupable de torts graves depuii qu'elle est au théâtre », demanda au grand chambellan, comtede Montesquiou, intendant des spectacles, qu'on lui fit application de l'article 78 du décret de Moscou et qu'elle fût expulsée.

Le comte de Montesquiou eut l'esprit de ne pas faire droit à celte sollicitation. M"* Bourgoin fut maintenue et en triompha, ce qui n'améliora pal tes rapports avec ses camarades. (Ernest Daudet, Police Politique^ 307*3d9.)

2. Probablement la princebse Charlotte de Rohan, la veuve du duc d'Enghien.

DU GOLFE JOUAN k L'aCTB FINAL DU CONGRÈS 983

livré à Bonaparte le premier régiment. Ah les femmes ! surtout en France, que d'honneur réservé aux Grâces I

2428. Vienzie, 23 mai 1S15 (F. 2. 5M>.3888 ad 2).

MARESCALCHI à sa femme et à TASSONI (1) (Intercepta)

(en italien (analyse).

Découragé, il ne sait ce qu'il deviendra. Il n'a pas encore pu prêter serment en qualité, de conseiller intime. 11 craint qu*on ne lui pardonne pas, surtout en ce moment, d'avoir servi Napoléon.

2429* Vienne, 23 mai 1815 (F. 2. 584.2338 ad 2).

Général ZUCCHI(2) àla Comtesse Elena MASSlM0(3)(ô Padoue)

{Intercepta) (en italien) (analyse).

Il ne peut partager Topinion de ceux qui croient que tout se terminera sans guerre.

1. Tassoni Estense Prisciani (Jules-César, Marquis), né à Modène le 7 mars 1759. Après avoir inuUiemenX demandé au duc Hercule III la permission d'accompagner dans son exil sa sœur, la princesse Mathilde, il se mit à danser autour de l'arbre de la liberté, brûla ses lettres de noblesse, brisa sa clef de chambellan et épousa une modiste, Louise Baschieri, connue pour l'ardeur de ses opinions républicaines. Député au corps législatif de la République Cisalpine, Membre du Collège électoral des propriétaires du royaume d'Italie, chargé d'affaires d'abord de la République cisalipne, puis du royaume d'Italie à Gènes, à Floreoce, à Naples et enfin A Berne, il mourut à Milan le 14 décembre 1830.

2. Zucehi (Charles, baron), né en 1777. Général de Division après avob fait toutes les campagnes d'Allemagne et d'Italie, fait banon par Napoléon I", gouverneur de Maoioue pendant la dernière campagne du prince Eugène, passé comme feld-maréchal lieutenant au service de l'Autriche, il ne tarda pas i devenir suspect à la police autrichienne, à être même emprisonné, si bien qu'en 1831 on le trouve parmi les chefs du mouvement national en Italie. Enfermé d'abord à Munkacz, puis à Palmanova. délivré par la révolution de 1848, il devint le commandant de cette place qu'il défendit contre les Autrichiens. Le général Zucehi cessa à partir de ce moment de prendre une part directe aux opérations du reste de la campagne et à la préparation de la résurrection de l'Italie. Mais il vécut assez pour voir la renaissance du royvmne d'Italie et quelques mois après SoUériao, Victor Emmanuel conféra au vétéran 4es guerrea de 1 Empire le grade de lieutenant-général et la croix de commandeor de Tordre des Sainta-Maurice et Lazare.

3. Pettt>étre la princesse Christine Massimo, morte du choléra en 1837,

2430. Vienne, 26 mai 1815 (F. 2. (04.1361 ad S).

HAGER à l'EMPEREUR Bordereau et rapport journalier du 2S mai.

2431. Vienne, 24 mai 1815 (F. 2. 589.2349 ad 2).

HAGERàTEMPEREUR

Ordres relatifs au départ du roi de Prusse.

Il rend compte des ordres que sur la demande de Metternich il vient de donner aGn qu'on respecte l'incognito du roi de Prusse allant à Berlin par Brûnn, Olmûtz et la Silésie.

La Russie et son désir d'avoir un port dans la Méditerranée

Le prince Wolkonsky arrive d'Italie, et, d'après ce que J ai pu comprendre de ce qull disait en russe, il paratt que sa mission avait pour objet de faire revivre le projet qu'a^'ail conçu Catherine II d'avoir un port dans la Méditerranée pour y tenir continuellement une flotte toujours prête à agir où le besoin l'exigerait. Il a eu à ce sujet plusieurs entrevues avec lord Bentinck.

fille du prince Xavier de Saxe et de la comtesse Glaire Spinuoci, ou tuen !• comtesse Ursenbeck-Massimi, de Klagenfurt, qui, femme d'un fonctionatirc ou d'un officier autrichien, a pu sa trouver A ce moment à Padoua.

DU GOLFE JOUAN A l'ACTE FINAL DU CONGRÈS 585

2433. Vienne, 24 mai 1815 (P. S. 504.1365 ad 3).

STACKELBERG à PHÎJLL {Intercepta) (en français).

Départ d'Alexandre. Voyage en Hongrie et départ des (^andes-duchesses. Départ de l'Empereur François et régence de T Archiduc Rénier.

L'Empereur Alexandre part demain soir ainsi que le roi de Prusse. La grande-duchesse Catherine fera un petit voyage en Hongrie et partira dimanche prochain (28 mai) avec la grande-duchesse Marie pour Linz, où elles se rencontreront avec rimpératrice d*Autriche, qui se propose d'accompagner l'Empereur jusqu'à Mannheim.

L'archiduc Rénier prendra pendant ce teifips la Régence à rintérieur.

2434. Vienne, 24 mai 1815 (F. 2. 584.1385 ad 2).

Prince de WIED (1) à sa mère (née princesse Wittgenstein)

(Intercepta) (en allemand).

Fin prochaine du Congrès. Les Médiatisés et le projet de constitution présenté par l'Autriche. Les dernièr<.8, mais bien faibles espérances des Médiatisés .

Dans quelques jours tout doit être fini ici et on se séparera, fier du bel ouvrage qu'on a fait.

L'Autriche a proposé un nouveau projet de Constitution, un malencontreux testament dans lequel les Médiatisés sont encore bien plus mal partagés que dans le projet de Confédération .

Hardenberg a cependant écrit hier à Wittgenstein que, d'accord avec Munster, il espère encore faire passer quatre points importants pour les Médiatisés, savoir : une voix pour tous, restitution des revenus injustement perçus, etc., etc..

Que Dieu fasse aboutir ces bonnes intentions ! Mais je ne m'attends à rien de bon après tout ce que je vois et entends.

1. Wied-RunkeliCharles-Louis-Frédéric-Alexindre, prince de), né en 1763, fils aîné du prince Christian-Louis de Wied et de la comtesse Charlotte de Sayn-Witt^nstein, niort le 20 avril 1824.

2435. Vienne, 24 mai 1615 (P. S. 504.1166 ad S).

LÔWENHIELM au princ« de HARDENBBRG

{Intercepta) (en français).

Demande d'une conférence pour s'entendre définitivement avec lui

au sujet de la Pomérànie.

Le comte Razoumoffskj, m'ayant conGé dans une confcrence, que j*ai eue hier avec lui, que désormais il nj avait aucun empêchement à la conclusion définitive des arrangegements de la Pomérànie, je prends la liberté de proposer k Votre Excellence de convenir d'une conférence où on pourrait en arrêter les conditions de manière à pouvoir mettre la m^^ia au travail de la rédaction. Etant dans le cas d'expédier dans le courant de la journée en Suède, je désirerais être en état de soumettre à mon Gouvernement quelque chose de positif sur cette négociation.

2436. Berlin, 20 mai 1815 (F. 2. 584.1363 ad 2).

CASTLEREAGH à SAINT-MARSAN (Intercepta) (en français).

Conséquences et gravité de la révolte des Saxons A Liège. Violente discussion entre Blûcher et Borstell. Borstell relevé de son commandement p'-' Blucher.

L'affaire de Liège a eu de nouvelles suites fâcheuses. Blûcher, ayant découvert par la procédure contre les séditieux Saxons une intelligence tacite entre les bataillons de cette nation à Liège et ceux qui se trouvaient au corps d*armée da Général Borstell (1), enjoignit à celui-ci de casser ces batail-

1. Borstell (Charles-Henri-Louis) (17*3-1844), général prussien, entré m service en 1788, fit la campagne de 1799. Migor en 1806, membre de la eomiBission de réorganisation de l'armée après Tilait, colonel en 1809, brigadier eo 1811, il se distingua comme général- major à Mœckem, Hoyerswerda, Grosstxcren, Dennewitz et Leipzig. Général-lieutenant après cette dernière bataille. il fait en 1814 la campagne de Belgique. Gommandani du S* corps à Naaiur ro 1815, il eut à cause de la révolte des Saxons k Liège un différend avec Biûcher. Traduit en conseil de guerre, condamné à 4 ans d'arrêts dans une 1''-:teresse, il fut|^acié par le roi à la fin de 1815 et nommé d'abord commanda-' de Magdeboorg, puis commandant-général de la province da Prusse, en 1^*' du 8* corps d'armée A Goblenlz et général de cavalerie. Il prit sa retraite <">'

DU GOLFE JOUAN A l'aCTE FINAL BU CONGRÈS 587

Ions et d'en brûler les drapeaux à leur tête. Borstell trouva trop de sévérité dans cet ordre, peut-être même du danger à son exécution. II le représenta au Maréchal qui n'insista pas moins sur la prompte exécution de ses ordres. Borstell s'y refusa de nouveau, et même d'une manière peu respectueuse. Le Maréchal le destitua de son commandement, le fît venir à Berlin et donna ad intérim le commandement du 3* corps qu'il exerçait, au général Pirch (1). On attend ici avec impatience ce que le Roi décidera sur cette fâcheuse affaire. Les meilleurs amis de Borstell conviennent avec peine qu'il sera difficile de justifier son manque de subordination.

HAGER à 1 EMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 26 mai.

2438. Vienne, 36 mai 1814 (F. 3. 504 ad 2).

EMPEREUR d'AUTRICHE à HAGER (analyse).

Il lui prescrit de communiquer directement et immédiatement toutes les nouvelles du Congrès et les autres pièces intéressantes au prince de Metternich, qui ne partira de Vienne '{ue quelques jours après lui.

1. Pirch (Georges-Dabislaw-Louis von) (1763-1838), entré au service en 1777 comme exempt au régiment de son père, aide de camp du général von Eckarts- ^^i^ pendant la campagne de Hollande (1787), assista au siège de Mayence n793). A l'état-migor du prince de Hohenlohe (1806), prisonnier de guerre 180671809), colonel à son retour de captivité, brigadier en 1813 à Bautzen, Kénéral-migor pendant la campagne d'automne, il se distingua à Dresde, Rulm et Leipzig et pendant la campagne de 1814, remplaça Dorslell après l'afTaire !'s Saxons à Liège mai 1815) à la tète du 3« corps qu'il commanda à Ligny et à Waterloo puis jusqu'au 24 juin, où il remit le commandement au prince Au- K^nte de Prusse, n demanda et obtint en 1816 sa retraite à cause de la surdité 'iont il éUit atteint.

2489. Vienne, 18 mai 1815 (F. 3.504 ad 2).

e e à HAGER

Le dîner offert par la comtesse Zichy-Ferraris à Alexandre. Les cadeaux faits peu* le Roi de Danemark.

La comtesse Zichj-Ferraris (1) a eu mardi dernier (le l^i .. dîner à Greifenstein (2), l'Empereur Alexandre, la comtes^^ Flora Wrbna et quelques autres personnes.

On y a fait tant de folies qu'on s'en est fort amusé dans tout le voisinage et qu'on ne parle que de toutes ces extrayagaDoe> et de ces excentricités dans tous les villages des environs.

On parle également beaucoup du roi de Dannemark part. le 16.

On raconte qu'il a fait de Joël (3) son chargé d'affaires e: son consul à Vienne, qu'il a donné au baron Arnstein une superbe tabatière évaluée 6.000 florins, enfin qu'il a fait à sa maitresse, une Viennoise, une pension viagère de 2.000 florins.

2440. Vienne, 25 mai 1815 (F. 2. 504 ad 2).

.... à HAGER (en français).

On craint que Metlemich, cédant à sa tendresse pour Caroline Murât,

n'intercède en faveur de Napoléon.

M. Flury m'a dit hier qu'on espérait bien que le prince de Metternich n'induirait pas les Puissances à agir avec moderation avec Bonaparte pour la sœur duquel (M** Murât) ii éprouve toujours des sentiments de tendresse.

i. La Comtesse Zichy- Ferraris a exercé constamment, et longtemps avar.: le mariage de sa fille cadette Mélanie avec )e prince de Metternich, ane gra□^lc influence sur toute la société de Vienne. Elle était crainte et redoatéecom:r^ une puissance. Le corps diplomatique recherchait son approbation et »o:i;citaitson admission dans son brillant et élégant salon (Baro^hb db Moir:, Sonvenirif 22).

La comtesse Zichy-Ferraris (MoIIy) (1788-1861), était, on le sait, La fcm::i? du comte François Zichy.

2. Aux bords du Danube, en amont de Vienne, à 20 kilom. de Vienne et i M de Tulln.

3. Joël, un riche avocat juif, s'oceupant beaucoup de choses d'art et Gf musique,Jouissant d'une très grande influence dans les théâtres impérii \ et surtout à l'Opéra.

DU GOLFE JOUAN A l'aGTE FINAL DU CONGRÈS 589

2441. Vienne, 35 mai 1815 (F. 2. 504 ad. 2). '

Rappobt à HAGER

Date probable du départ do Noailles.

Noailles se propose de partir le 27.

2442. Vienne, 35 mai 1815 (F. 3. 504 ad 3).

Rapporf à HAGER Départ imminent de Boyen.

Le général von Boyen doit partir demain ou après-demain.

2443. MUan, 19 mai 1815 (F. 2. 504 ad 3).

DALRYMPLE à STEWART {Intercepta) (analyse). Rapport sur les opérations de Blanchi contre Murât.

2444. Milan, 19 mai 1815 (F. 2. 504 ad 3).

TUYLL à ^ESSELRODE {Intercepta) (analyse).

Rapport sur les opérations contre Murât après Tolentino et la situation difficile de Torlonia.

Le banquier Torlonia à Rome se trouve, dit-on, dans l'embarras à la suite d'une injonction qui lui a été faite de livrer les capitaux appartenant à Lucien, Joseph et Lœtitia Bonaparte.

KUO LJSS DESSOUS DU CONGRÈS 00 YIEBBOL

2445. ^ Vienne, 25 mai 1815 (F. 3. 504 «d 2).

SPAEN à NAGELL (à Brozelles) (eo français). {IniercepU},

l^orance complète de la forme donnée à l'acte final du Congrès. Qancari) lui conseille de proposer pour la Hollande un traité particulier ivec i^ 4 ou 5 grandes puissances.

Il n'est pas encore décidé ce qui aura lieu à l'égard de 1 acte du Congrès ou du grand traité européen, si on le signera encore ici, et dans ce cas si tous les actes particuliers j seront inserés, mot pour mot et dans leur entier. On craint que le temp» ne manque.

Voilà ce que c'est de remettre tout au dernier momeot. C'est une fatale chose que cet esprit de dissipation qui règne ici. J'en ai parlé hier matin avec Clancartj qui certainement n'est pas trop dissipé. Il craint à vue de ce pays que cet actne sera pas dans la forme requise pour devenir un titre suffisant et légal pour les nouvelles possessions du Roi sous tou^ les rapports. 11 m'a donné à. considérer s'il ne serait pas plus prudent et plus sûr de conclure, ou du moins de préparer en tout cas un traité particulier avec les quatre ou cinq Grande? Puissances.

Il dit que M. de Gentz, le principal rédacteur, et qui prévoit peut-être que le temps manquera, le conseille fort, et il m'a chargé d'en parler à M. de Gagern, qui désire partir très prochainement et est fort occupé en ce moment des affaires Germaniques.

2446. Vienne, 25 mai 1815 (F. 2. 504 ad 2).

CLANCARTY à SCHULENBURG (en français) (/n/ercep/a .

A propos de l'accession de la Grande-Bretagne aussitôt après la sigoatun

du traité entre la Saxe et l'Autriche.

J'ai^rhonneur d'assurer à Votre Excellence que je ne tarderai pas, après que le traité entre le roi de Saxe et TEmperettr d'Autriche (1) m'aura été communiqué, de convenir avec Elle des formes de Taccession de Sa Majesté Britannique.

i. Cf. d'ANOBBBRO, 1214, trente-huitième protocole de la séance du 22 n'- Ibidem, 1191 et 1206. Traité de Paix du 18 mai, et trente-septième protoc^' de la séance du 20 mii et ibidsm^ 1519. Traité d'accession de la Grande-Bretagne, Paris 18 septembre 1815.

DU QOLTB JODAN À l'aCTE FINAL DU CONGRES 591

2447. Vienne, 38 mai 1S15 (F. 1. 904.1411 ta î).

HAGER ft l'EMPEREUR Bordereau et rapport jourUBlier du 31 mai.

Extraits de la liste des Intercepta du 26 mai, de et, à Boyen, Hamboldt, Piquot, Marescalchi.TalIeyrand, et paqaets et plis apportés par conrrier anglais pour Cathcart, Clancarty, Golovkine, Nesserolde, Stackelberg, Ihilberg et Noailles.

«44e. Vienoe, » mai lei» (F. S. Mt.lill ad 3).

Rappomt à HAGER EtabliMement de la Conrédiration germanique

Signature de l'acte d'établissement d'une Confédération germanique (1) (qui n'aura pas d'empereur à sa tête).

La Diète tiendra sa promière réuiuon le 1'^ septembre à Francfort-sur-Ie-Mein, qui reste ville libre impériale.

S449. Vienoj, 3e mai 181t (F. 2. S04.141I ad i).

Rapport k HAGER Départ de Boyen.

Boyen est parti pour Berlin le 26 mai au matin.

2450. Bruxelles, ID mai IglS (F. 1, 101.1411 ad 3).

GOLTZ à HARDENBERG {Intercepta) (en français).

Le> conrirencesdeViaceDlelde Walteratorfl avec WelUuglon. Louia XVIII décidé i realer i Gaad. Situatioa diniciie de NapolèoD. Hoiaoas pour lesquoiles il Taut commencer au plu* lAl la campagne contre lui.

A peine arrivés, les généraux Vineent et WalterstorCF ont

remis à Wellington les lettres qui les accréditent auprès de lui en qualité de commissaires militaires. On m'avait affirmé qu'il en serait de même pour moi. N'ayant rien reçu, je re* tourne ce soir même à Gand, où Louis XVIII est décidé à res* ter le plus longtemps possible...

Les nouvelles de France continuent de nous prouver que la situation de Bonaparte est toujours t;^s embarrassante et très fâcheuse. Mais il est nécessaire de commencer aussitôt la campagne contre lui pour ne pas lui laisser gagner du temps, pour éviter le danger des discussions qui peuvent s'établir entre les Cours alliées par suite d'un plus long retard, et pour se rendre avant tout maître de la grande question qui doit décider du sort de la France et du repos de i*Europe.

2451. Gand, 20 mai 1815 (F. 3. 504.1411 ad 3).

GOLTZ à HARDENBERG (Intercepta) (en français) (analyse).

Il lui envoie une lettre, peu intéressante d'ailleurs, que Gneisenau lui écrit de Namur, le 16 mai, un extrait d*ane lettre (également insignifiante) de Paris, en date du 7 mai, des rapports sur Tétat des places de Philippe ville, Dunkerque, Valenciennes et Lille et enfin les renseignements recueillis aux avant-postes par le chef de bataillon Bourdonnaje.

2452. Stuttgart, 21 mai 1815 (F.l. 584.1411 ad 2).

GOLOVKINE à NESSELRODE (Intercepta) (en français).

Napoléon n'est pas venu à Strasbourg. Arrestation de Flassan et son eoToi à Ueilbronn, puis à Francfort. Visite du grand-duc de Bade au roi de Wurtemberg.

Le bruit de Tarrivée de Napoléon à Strasbourg le 14 mai était faux. Je ne Tai transmis que parce que le roi de Wurtemberg lui-même m'en avait fait part à Freudenthal.

M. de Flassan et le courrier français arrêté avec lui ont

DU GOLFE JOIA?! A L ACTE FINAL DU CONfi

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té, après être restés quelques heures h. Karlsruhe, envoyés ar ordre de l'arcbiduc Ferdinand h HeilbroQn, d'où Schwarinbei^ lee a fait transférer aous escorte à Francfort pour y étendre les ordres de Vienne. Cet incident a fait du bruit i parce qu'on avait dit qu'on avait arrêté le général Flaliaut.

Le grand-duc de Bade est venu hier faire une visite au roi

Louisbourg. 11 paraît que ce n'était pas uniquement une isite de politesse, mais qu'on y a parlé aussi d'affaires, car

comte de Mandelsloh a été appelé ce jour-là à Louisbourg.

Ce matin, le grand-duc, qui était descendu chez son miistre le baron de Marschall, est reparti pour Karlsruhe.

B453. LouUbourg, 33 mai iBia (P. ï. ïOi.Ull ad 2).

ROI de WURTEMBERG à WINTZINGEHODE (à Vi( (Intercepta) (en français).

Je profite du courrier anglais pour vous répondre.

Dites en remettant l'incluse à ma nîèce que l'idée de la oir ici m'encbanle, que je lui en veux de ne pas l'avoir vue lus tôt et surtout des formalités qu'elle fait pour m'en pré-

inir.

Ma fille (I) a passé Linz et arrive le iQ à Goeppingen.

P,-S. — Si la grande-duchesse est partie, renvoyez ma

ttre par courrier.

1»IS (F.3. &D1.I111 ad 3).

ROI de WURTEMBERG à la Grande-Duchesse Calherini DOLDENBUHG (Intercepta) (en français).

Madame, ma très chère nièce, Je ne sais trop par où commencer, si je dois vous gronder I toutes vos formalités sur ce que le comte de Wintnngede me mande, comme n'osant pas me le demander tous-

i. La reine Catherine de Wettphalie. Cr. Pi«ce Uii.

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