‹ Les dessous du Congrés de VienneChapitre 60 sur 171 · Cf. Journal d'une femme de cingnanle Mm, t. Il, 369-S · texte numérisé non relu

Cf. Journal d'une femme de cingnanle Mm, t. Il, 369-S

et un désir si général que j même ceux qui ne sont pas ses par tisans^ sont décidés à l'y aider. Il importe donc de renfoncer au plus vite C armée de Belgique^ et des anciens départements du Rhin.

1962. Pari», 11 mars 1815 (F. 2. 500.728 ad 2).

FAGEL à SPAEN et à MARSCHALL [Intercepta) (en français).

La marche et les progrès de Napoléon. Gravité de la situation.

La guerre civile inévitable.

Les affaires ont changé de face depuis hier. Des nouvelles télégrapjbiques de Lyon, d*hier (8 heures du matin) et parvenues à 10 heures, ont annoncé l'arrivée de Napoléon à Bourgoin. On a de la peine à comprendre la rapidité et le succès de sa marche.

Pas de nouvelles officielles de la défection des troupes royales.

Ces nouvelles ont répandu de la consternation ; mais Paris est calme et l'esprit de la garde nationale est le même. Les mesures, auxquelles le gouvernement va avoir recours, ne me sont point connues^ mais la guerre civile ma parait inévitable.

1963. Paris, 11 mars 1816 (F. 2. 500.720 ad 2).

GROTE à M't NSTER [Inlercepia) (en français).

La situation s'aggrave. L'armée tout entière est pour Napoléon. Départ des Anglais habitant Paris.

Masséna a, dit-on, passé à Bonaparte.

A Metz les troupes se sont déclarées pour lui et ont fermé les portes (1). 11 en serait de même à Nancy.

1. Pour les événements de Metz. (Cf. Houssatb, 1816, 285 ) ■ A Metz les grenadiers de la Garde, persévèrent à donner l'exemple de Jt discipline, se défendent de toute manifestation ; mais leur visage de plus en plus maussade et farouche, leurs grosses larmes qui coulent sur leurs monstaches grises à la nouvelle que Napoléon a été tué font trembler le pré- |

fet M. de Vaublanc. « Il est de toute nécessité, écrit-il le 10 mars, à Dandré, '

(Arc/iiees d€ U guerre) que le duc de Reggio reste ici. Autrement, malgré l'éloge qu'il a fait du bon esprit des grenadiers royaux, il y aurait de grandes craintes. Il faut la présence du maréchal pour les maintenir », (Cf. Le même ^ Montesquiou, Metz, 13 mars. Archives NtLtionMles. F. 7. 3147).

36â LBS DESSOUS DU CONGHÉ» DB VIBh'XE

Grote communique ensuite à Munster quelques observai sur la proclamation lancée par Napoléon, et les termine ces mots : « Ce qui est certain, c'est que la situation k empiréi

P. S, — Je crains que Bonaparte ne réussisse parce que 1'. mée est pour lui.

Jusqu'à midi, tout est calme ici.

Tous les Anglais, qui ne sont pas forcés de rester ici, déjà partis.

b4. Paris, 13 mars 1815 (F, 3, S 00. 710 ad 3).

Anonyme (I) à ROSFTS'CRANZ {Intercepta] (en français).

Nous venons de passer huit jours bien inquiets...

Jusqu'au 10, il était permis de voir dans l'entreprise de ! poléon un coup hasardé dont le succès serait encore plusd( teui.

Bientôt le mystêre.dont ie gouvernement enveloppait ce invasion, lit naître des inquiétudes qui devinrent plus grain lorsqu'on apprit le sort de Lyon...

Parmi les étrangers, il n'y a jusqu'ici que les Anglais (\ sont partis. Pour mot, je reste et tais mes préparatifs pour cas où le départ de la Cour donnerait aux agents étran^rs signal du départ.

Général de WALTERSTORFF à ROSIîNCRANZ {tntert^\

(en français).

Réiolut^ona prises par le corps diplomatique pour supplier t rabMOCi communication* arftcislles. La marche et les profp^B de Napotton. Le ■ plàMm.nl de Soult par le duc de Fellre.

Le Gouvernement n'ayant fait aucune commuoicatiMi ' ciclle sur les événements des derniers huit jours, mes coDèpi''

DU GOLFB JOUAN A l'aCTB FINAL DU CONGRÈS 363

et moi, nous sommes oonvenus de nous rassembler deux fois par jour chez Tun de nous pour nous communiquer les nouvelles.

On ne saurait se dissimuler que les affaires ont un aspect sinistre pour le Gouvernement.

Bonaparte est arrivé à Ljon sans tirer un coup de fusil. Grenoble lui a ouvert ses portes. Il a trouvé un parc» de 100 bouches à feu et beaucoup de munitions. Le comte d'Artois a été obligé d^évacuer Lyon faute de munitions.

Les troupes sont éparpillées dans toute la France.

On accuse de tout ceci Soult (1) qui vient d'être remplacé par le duc de Feltre...

On ne saurait douter que Bonaparte n*ait un parti considérable en France, surtout à Paris^ et qui est conduit avec une grande habileté...

Ce qu'il y a le plus à craindre pour le Gouvernement, c'est l'audace et l'activité connues de Napoléon et l'admiration qu'ont encore pour lui ses anciens frères d'armes.

1966. Pftris, 14 mars 1815 >P. 2. S00.730 ad 2).

Général de WALTERSTORFF à ROSENGRANZ {IntereepU)

(en danois).

Gravité eroiasanle de la siiuaiion. Faiblesse des ministres et fermeté du Roi. On ne parle pas encore du départ.

Impossible de vous dire quoi que ce soit de précis sur la situation, tant les nouvelles sont contradictoires.

Les conseillers du Roi sont trop faibles et trop nombreux. Le Roi est très grand dans son malheur et mérite un meilleur sort. Tout le monde est inquiet. Jusqu'ici il n'est encore question ni du départ du Roi, ni de nous donner des passeports.

1* Démissionnaire le 11 mars.

1967. Paris, 14 mars 1815 (F. 2. 100.720 ad 2).

Général de WALTERSTORFF à ROSENCRANZ {InlercepU). Même sujet, mais rapport officiel et peu intéressant.

1968. Vienne, 20 mars 1615 (F. 2. 500.720 ad 2).

DALBERG à la DUCHESSE (à Parme) {Inlercepia).

Conseils qu'il lui donne. Ses craintes. Le sort de la France. La guerre inévitable, si Napoléon réussit, comme tout le fait prévoir. Le renvoi de M** de Montesquiou et ses causes. Les homm<A qui ont fait la révolulioo militaire en France. Reproches qu'on adresse à Mariotti.

Je t Invite bien, ma chère amie, à ne pas quitter dans ce moment l'Italie qui, je crois, restera le pays le plus tranquille. L'événement, qui a lieu en France, n'est pas à calculer dans ses chances. 840.000 hommes se mettent de tous côtés en mouvement pour combattre cette nouvelle révolution, et la France sera, ou forcée à suivre le chemin de Tordre et de Fhonneur, ou à succomber, et elle le méritera, si elle ne sait se tirer des chaînes que ce malheureux homme forge de nouveau pour elle.

Si tout le monde se rend au Quartier Général, nous suivrons pour y être comme ministre du Roi.

Mon avis est que tu restes tranquillement avec Nina, ou qne tu ailles à Gênes, jusqu'à ce que cet orage soit passé.

L'Allemagne va être un champ de la plus horrible dévastation et toutes les armées s'y rencontreront.

Que deviendra notre fortune si ce malheureux homme parvient à se replacer à Paris ? Mon esprit est fort alarmé. On écrit en date du 11 qu'il y a tout à craindre pour Paris,

Sois au reste bien tranquille, chère amie, et bien confiante dans le sort. Les apparences sont peut-être plus effrayantes que ne le sera la réalité.

M"»» de Montesquiou a été renvoyée de Schœnbrunn pour les mauvais propos qu'elle y tenait. Son fils était arrivé de Paris, et nous croyons tous que c'était avec le projet d'enle-

ou GOLFE JOUÀN A l'aCTB FINAL DU CONGRÈS 365

ver le petit prince. On Ta fait habiter depuis, le château en ville et on a ordonné à M. Anatole de s'en aller (!)•

La révolution militaire, qui s'est faite en France, est ourdie par Flahaut, la Bédoyère, Ornano, Girardin, Lefebvre-Desnouettes et tout ce monde qui, entre la perte d'un pays et le bâton de maréchal, ne sait pas trouver de différence. Il est plus que probable que la guerre extérieure purgera ce malheureux pays de toutes les mauvaises têtes.

Dis à Bonne qu'à Paris on crie beaucoup contre M... (Mariotti; à Livourne. Je ne sais s'il pouvait mieux faire.

1969. Vienne, 20 mars 1815 (P. 1. 500.720 ad 2).

BUHLER (2) au Général KANKRIN (3) (à Varsovie) {Intercepta)

(en français).

Départ de V^ellington pour l'armée fixé au lendemain. Le roi de Rome ramené à Vieime. Armements de la Suisse, de la Bavière, du Wurtemberg, de Bade, de la Hesse, et de l'Autriche.

Pas de nouvelles précises de France à vous transmettre. Wellington doit partir demain pour les Pays-Bas pour entrer en France à la tête d*une armée. On ne sait pas s'il y a eu des combats entre les troupes royales et celles du Zigeutier,

On a cru nécessaire de faire venir le roi de Rome de Schœnbrunn à la Burg. On dit qu'on voulait l'enlever et le conduire à son père.

La Suisse arme pour garantir sa neutralité. La Bavière, le Wurtemberg, Bade et la Hesse mettent 90.000 homme» sur pied. L'Autriche envoie de suite 30.000 hommes sur le HUiii,

1. Loin de laisser partir Anatole de Montesquiou, on se ravi»« «m <a' On l'arrêta en route à Lambach et on le fit revenir & Viefia« qu il 4.4 v « que deux mois plus tard, en compagnie de sa mère.

Page 1