Le comte de Rechberg
DU GOLFE JOUAN A l'aGTE FINAL DU CONGRÈS 441
gens de bien, nous ramène la joie, la liberté. L'esclavage affreux, où nous étions près de tomber, s'enfuit avec ceux qui en étaient les auteurs. Au moment où je t'écris, chère Sœur (1), ils sont hors des frontières ; car ils sont partis à l'approche de l'Empereur qui était accompagné de tous les régiments que les Bourbons eurent la folie d'envoyer pour le combattre. Ils sont partis après avoir tenté inutilement tous les moyens d'allumer la guerre civile.
Toute la France est heureuse. La joie de ses habitants est à son comble.
Nous ne savons pas si cette lettre te parviendra à Vienne, car on dit que l'Impératrice est en route.
Maman (2) (?) est entièrement guérie et espère t^embrasser bientôt.
2152. Vienne, It avril 1815 (F. 2. 501.9481/648 ad 2).
HAGER à rEMPEREUR
Bordereau et rapport journalier du 11 avril.
Il lui signale le danger des promenades du roi de Rome qui le 9 a été de nouveau presque sans suite avec Marie-Louise jusqu'à 6 heures du soir à Hainbach, derrière Hadersdorf et il lui demande en même temps Texpulsion (que TEmpereur lui accorda le 16 avril) de Méjan, laissé à Vienne par Eugène et dont on connaît les sentiments anti-autrichiens depuis la scène qui eût lieu chez M*' d*Arnstein.
1. Cette lettre ne peut avoir été écrite que par le comte Henry de Montesquieu, frère cadet du mari de la comtesse.
3. 11 doit y avoir là une erreur de déchiffrement ou de copie, puisque la belle-mère de la comtesse, la mère de son mari et de son beau-frère, la femme du général de Montesquieu, n/e Jeanne-Marie Hocquart de Montfermeil, était morte en 1703 {Renseignement dû à l'obligeance du conUe Louis de MontesqnioU'Fetensac), Peut-être la Manipulation a-t-elle lu Maman au lieu de Marie et alors il s'agirait de la belle-fille de la comtesse, de la fille du comte Henry, Marie-Élodie, bien qu'on doive se demander pourquoi son père l'aurait appelée ici d'un prénom dont on n'avait pas l'habitude de se servir, comme le prouvera, par exemple, une lettre interceptée par la police autrichienne du comte Anatole A sa mère.
44i I-£:S DESSOUS du COACRËS DB \1BM5E
2153. Vieone.eavril 18IB (F. 3. B0I.a(a/1A(S '^ >)'
HOPFEN à HAGER
A propos de Uijnn Xa'mi i Vienne par le prince Eugios.
Il signale la présence inutile, suspecte et peat-*tr« mtal dangereuse à Vienne, de Méjan.que le prince Eugtoe n'iIH eraraené avec lui.
avril 1815 (F. î. SOl.Slh/lfliS ild S).
Rappobt à HAGER
isi^ du grand-duc de Bade el du prince de BwM'
Le grand-duc de Bade et le prince héritier de Hesse DjnBf tadl se proposent de partir le 11 et le 12.
Le prince de Hesse continue ses visites ches la coœtasi WalTenberg.
Zlbb. Vienne, 9 avril 1815 (K. î. tOt.»18/la4S ad IJ.
Rapport à HAGER
Départ de Wrada Bié au 13. Son ilméraire.
Wrede compte partir mercredi (1), mais il passtnp terres avant d'aller à Munich.
3156. Vienne, 9 avrU ISIS (F. 3. 501.B*8/1«« «d !l-
©©à HAGER [en français).
Le comte Keller et le comte Salmour prélendoDl tfV llJbiitroiid qui vient d'arriver de Paria est le lils natiirtl Tiiliivraiid. Il a été chargé par Bonaparte de communioilM
I 'i' 'y M. v[ .ni (-1 pour Dalberg, auxquels il apporte 1' ■ uii'L- liiuiir;iliatement en France.
DU GOLFfi JOUAN A L*ACTE FINAL DU CONGRÈS 443
2157. Vienne^ 10 avril 1815 (F. 2. 601.948/1648 ad 2).
Nota à HAGER (en français).
Il rend compte d'une conversation qu'il a eue chez Arnstein avec le major Martens(l),Bartholdy et Jordan sur Murât, « le chef des Carbonariydes Unitaires^ deslndépendentistesy>dlidiie qui venait de dire à Ancône«que ses limites seraient les Alpes et la mer » et sur Napoléon.
Voici ce qu'a dit Jordan : « Nous ne faisons pas la guerre à la nation. Nous la faisons à Napoléon, parce qu'il nous est prouvé qu'avec lui nous ne pouvons avoir de tranquillité et de sûreté chez nous. Mais la nation française peut faire ce qu'elle veut chez elle. >
« Comment, dit la Fanny (i), vous abandonneriez les Bourbons?»
Jordan : « Il n'y a pas un mot qui les regarde dans nos derniers traités. Voulez-vous que nous fassions tuer 30U.000 de nos enfants pour donner aux Français une dynastie dont ils ne veulent pas? Aussi le roi a biffé de sa main, dans une pièce que vous verrez un de ces jours et que j'ai copiée moimême, tout ce qui avait regard à la nation française dans ce sens ou qui pouvait l'irriter (3). »
< Donc, ai-je dit, si la France veut se donner une République, nous le permettrons en dépit de nos risques et du passé. »
« Pourquoi pas, qu'est-ce que cela nous fait ? )►
« Mais, qui voxdez-vous qu'ils se donnent pour roi si ce n'est un B^mrbon^ puisque l'Europe ne leur permet pas un Bonaparte. »
Jordan faisait allusion à une Régence en faveur du jeune prince de Parme (4), ce qui a consterné tout le monde.
Je suis parti très frappé d'avoir entendu un semi-ministre parler de telles choses.
1. M^or prussien, neveu du diplomate du même nom, l'un des acteurs avec le gAnéral russe de Lôwenstera de la capitulation de Soissons.