MICHEL, BATISTE
MICHEL, S* asseyant à droite et réfléchissant, (i) Oh ! oui. C'est mon secours habituel... Mais cet ange inconnu, qui est-ce?
(1) Batiste, Michel.
SCfeNB IX. 27
BATISTE, 8'asseyant de l'autre côté.
Non, ce ne sera pas à coups de poing, quoique je soie fort.
MICHEL, à pai't.
Si c'est une femme éprise de mes charmes, elle doit demeurer aux Quinze-Vingts.
BATisE, à part.
Si mon ami intime, que je ne connais pas, mon protecteur, quoi! élait là, j'Iui demanderais une consultation... à l'œil.
MICHEL, à part y se levant, Baste! je suis bien bon de me creuser la tête... Profitons, et ne cherchons pas à deviner... BATISTE, à partj se levant.
Ma foi, puisque je ne puis m'adressera lui, j'en vais faire à ma tête. J'ai mon idée.
MICHEL, riant.
Eh bien! Batiste, qu'est-ce que tu rognonnes toujours dans ton coin? car tu rognonnes toujours.
Moi? Je ne rognonne pas. Je dis que vous n'y voyez pas plus loin que votre nez... Je dis... MICHEL, se fâchant.
Ah! ça, nous voilà deux minutes ensemble et nous allons nous disputer comme toujours. J'y vois pas plus oin que mon nez... Comme c'est honnête, ça...
BATISTE
Ça pourrait vous vexer si vous étiez camard...
MIGUEL
Est-ce que je le suis, camard?
BATISTE
Au contraire...
MICHEL
Mais qu'est-ce que fait donc Jeanne ? Dis donc, si je m'étais trompé? Si ce n'était pas?...
BATISTE
Faut espérer que si. Mais elle cause plutôt avec ce faquin de M. Max... Mécliant moderne!
MICHEL
Ah ! tu ne Taimes pas, lui.
BATISTE
Eh bien ! non. Et si je ne me retenais, je l'aurais déjà fait rebondir.
MICHEL
Pour qu'on dise : Oh î les ouvriers, ça connaît que les coups de poing...
BATISTE
Tandis que le sabre... Dites donc, père Michel, quoique vous n'en parliez jamais,, vous avez servi, tous?
MICHEL
Mais, oui.
BATISTE
Est-ce que vous saviez vous ah'gner? Oh ! vous avez toujours été un père tranquille, vous.
MICHEL, souriant.
C'est égal. On a encore assez bien su fricotterdu fer.
BATISTE
Eh bien ! je parie que vous avez oublié. Je parie que %'ous ne seriez pas capable d'apprendre à quelqu'un...
MICHEL
A jouer du fil d'acier? mais si.
BATISTE
Je parie trois littrns que non.
SCÈNB \\. 29
MICUEL.
Tape. Après ça, ça dépend des dispositions.
BATISTE
Moi, j'en ai beaucoup pour le cliaussou. Je suis né avec... C'est dans le sang... Quant à l'épée, au sabre, je suis sûr que je n'y comprendrais rien. A moins que je n'aie un maître qui s'y entende bien, et encore...
MICHEL
Je te parie dix littres que je te rends bon tireur.
BATISTE, à part
Il coupe dedans... bon... nous y voilà. II ne se doute
pas pourquoi je veux apprendre.
MICHEL, riant.
Tu recules maintenant. C'est à cause des dix littres.
BATISTE
Ma foi, j'ai parié. Je ne me dédis pas. Est-ce que vous n'auriez pas ici quelques sabres?...
Il va pour passer à droite.
MICHEL, l'ari'ètant»
Oui, j'en ai... mais, un moment... c'est sacré, ça. Ce sont des joujoux que papa seul a le droit de toucber ; les enfans, jamais. D'ailleurs, on commence avec des lattes. Justement, voilà deux règles qui vont faire notre affaire... (Il les prend,) Si tu vedx ta première leçon... (-4 part,) Il est enfoncé de ses dix littres, car je suis sûr...
BATISTE
C'est ça !... (Michel lui donne une règle,) Seulement, je vous préviens que par la force de l'habitude, je pourrais faire quelque temps de chausson.
MICHEL
Nous t'en corrigerons... Voyons... en garde... (Ils s'y