‹ Les deux anges gardiens, comédie-vaudeville en un acteChapitre 11 sur 31 · MICHEL, BATISTE · texte numérisé non relu

MICHEL, BATISTE

MICHEL, S* asseyant à droite et réfléchissant, (i) Oh ! oui. C'est mon secours habituel... Mais cet ange inconnu, qui est-ce?

(1) Batiste, Michel.

SCfeNB IX. 27

BATISTE, 8'asseyant de l'autre côté.

Non, ce ne sera pas à coups de poing, quoique je soie fort.

MICHEL, à pai't.

Si c'est une femme éprise de mes charmes, elle doit demeurer aux Quinze-Vingts.

BATisE, à part.

Si mon ami intime, que je ne connais pas, mon protecteur, quoi! élait là, j'Iui demanderais une consultation... à l'œil.

MICHEL, à part y se levant, Baste! je suis bien bon de me creuser la tête... Profitons, et ne cherchons pas à deviner... BATISTE, à partj se levant.

Ma foi, puisque je ne puis m'adressera lui, j'en vais faire à ma tête. J'ai mon idée.

MICHEL, riant.

Eh bien! Batiste, qu'est-ce que tu rognonnes toujours dans ton coin? car tu rognonnes toujours.

Moi? Je ne rognonne pas. Je dis que vous n'y voyez pas plus loin que votre nez... Je dis... MICHEL, se fâchant.

Ah! ça, nous voilà deux minutes ensemble et nous allons nous disputer comme toujours. J'y vois pas plus oin que mon nez... Comme c'est honnête, ça...

BATISTE

Ça pourrait vous vexer si vous étiez camard...

MIGUEL

Est-ce que je le suis, camard?

BATISTE

Au contraire...

MICHEL

Mais qu'est-ce que fait donc Jeanne ? Dis donc, si je m'étais trompé? Si ce n'était pas?...

BATISTE

Faut espérer que si. Mais elle cause plutôt avec ce faquin de M. Max... Mécliant moderne!

MICHEL

Ah ! tu ne Taimes pas, lui.

BATISTE

Eh bien ! non. Et si je ne me retenais, je l'aurais déjà fait rebondir.

MICHEL

Pour qu'on dise : Oh î les ouvriers, ça connaît que les coups de poing...

BATISTE

Tandis que le sabre... Dites donc, père Michel, quoique vous n'en parliez jamais,, vous avez servi, tous?

MICHEL

Mais, oui.

BATISTE

Est-ce que vous saviez vous ah'gner? Oh ! vous avez toujours été un père tranquille, vous.

MICHEL, souriant.

C'est égal. On a encore assez bien su fricotterdu fer.

BATISTE

Eh bien ! je parie que vous avez oublié. Je parie que %'ous ne seriez pas capable d'apprendre à quelqu'un...

MICHEL

A jouer du fil d'acier? mais si.

BATISTE

Je parie trois littrns que non.

SCÈNB \\. 29

MICUEL.

Tape. Après ça, ça dépend des dispositions.

BATISTE

Moi, j'en ai beaucoup pour le cliaussou. Je suis né avec... C'est dans le sang... Quant à l'épée, au sabre, je suis sûr que je n'y comprendrais rien. A moins que je n'aie un maître qui s'y entende bien, et encore...

MICHEL

Je te parie dix littres que je te rends bon tireur.

BATISTE, à part

Il coupe dedans... bon... nous y voilà. II ne se doute

pas pourquoi je veux apprendre.

MICHEL, riant.

Tu recules maintenant. C'est à cause des dix littres.

BATISTE

Ma foi, j'ai parié. Je ne me dédis pas. Est-ce que vous n'auriez pas ici quelques sabres?...

Il va pour passer à droite.

MICHEL, l'ari'ètant»

Oui, j'en ai... mais, un moment... c'est sacré, ça. Ce sont des joujoux que papa seul a le droit de toucber ; les enfans, jamais. D'ailleurs, on commence avec des lattes. Justement, voilà deux règles qui vont faire notre affaire... (Il les prend,) Si tu vedx ta première leçon... (-4 part,) Il est enfoncé de ses dix littres, car je suis sûr...

BATISTE

C'est ça !... (Michel lui donne une règle,) Seulement, je vous préviens que par la force de l'habitude, je pourrais faire quelque temps de chausson.

MICHEL

Nous t'en corrigerons... Voyons... en garde... (Ils s'y

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