CHŒUR DU PEUPLE
Nous les adorerons comme vous les aimez.
gaspariboul , sc parlant à soi-même.
Me faudra-t-il aller du trône à la potence?
DILAZAL.
De ce tigre infernal prononçons la sentence.
(A Gaspariboul.)
Pour prix de tes forfaits, tu t’attens à la mort;
Mais ma haine te garde un plus funeste sort.
(A ses gardes.)
Qu’on sépare de lui ce don de la nature Qui sert à fabriquer notre humaine structure ;
C’est par cet endroit-là qu’il nous offensa tous.
Qu’on extirpe ce bien dont il fut si jaloux,
De sa postérité qu’on tarisse la source.
Que, pour lui, le bourreau soit un coupeur de bourse ; Qu’une cage de fer soit son appartement ;
Qu’au chevet de mon lit il voye incessamment Dans mes draps, dans mes bras, cette jeune princesse Que je veux accabler du poids de ma tendresse ;
Que, privé de plaisirs, il regrette à jamais
Kt tous ceux qu’il a pris, et tous ceux qu’il a faits. .
(On emmène le tyran.)
ABUBEF.
Que j’approuve, grand roi, cette sage conduite!
Vous avez bien trouvé la peine qu’il mérite^
Travaillez sans relâche à ce grand châtiment; Puissions-nous le punir, seigneur, à tout moment, Trop heureuse en cela d’être votre complice Je brûle de vous voir commencer son supplice.
DILAZAL.
Oui, nous allons sonner cet amoureux tocsin.
(A part.)
Que la vengeance est douce à l’esprit féminin