‹ Les deux biscuitsChapitre 7 sur 11 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

NADERI, GASPARIBOUL.

gaspariboul, à Nadcri qui entre.

Cette uuit, la princesse a comblé mon amour ;

Je préteus l’épouser avant la fin du jour ;

Mon trône s’affermit avec cette alliance.

Admire à quel degré j’ai porté la prudence :

Je crois qu’on ne sçauroit la pousser aussi loin ;

De me faire cocu d’avance j’ai pris soin !

Crois -tu qu’elle refuse un semblable hyménée.

Après m’avoir donné vingt pains sur la fournée?

NADERI.

Dans les Éats, tu fis cocus, suivant ton choix,

Artisans et robins et nobles et bourgeois.

De ces mêmes États il te faut faire Gille ;

Tous ces cocus armés sont maîtres de la ville.

Ils demandent ton sang, pour te faire expier L’honneur que tu leur fis de les coeufier.

De prudens généraux conduisent la menée ;

A chaque révolté chaque charge est donnée,

Selon que le conseil est dûment convaincu Qu’il est de ta façon ou plus ou moins cocu.

Leur armée est complette, et se range en bataille ;

Que pourras-tu tout seul contre eux tous? Rien qui. vaille Chacun du cocuage arborant les couleurs,

L’un prend un poste ici, l'autre là, l'autre ailleurs. Du sang royal il reste un prince légitime.

Qu’on a sauvé, dit-on, de ta rage arnplissime.

Ce bruit de main en main s’est répandu partout.

Et tu n’es qu'uu bâtard de l’un à l’autre bout.

On te donne le nom de cadet la Gingeole ;

On te promet aussi plus d’une croquignole.

Pour te faire rôtir, l’un récure son gril.

L’autre gage percer ton auguste nombril ;

L’un veut à pair ou non épiler ta moustache,

Pour t’écorcher tout vif l'autre aiguise sa hache. Du genre du supplice ils ne sont point d’accord Mais ils le sont du moins pour conspirer ta mort.

11 te faut déloger sans tambour ni trompette.

Et prendre, malgré, toi la poudre d’escampette.

On a tcnn conseil pour tirer du canon,

Tout le monde a dit oui, personne n'a dit non.

Ta face vainement de colère se gonfle,

Ne nous endormons point lorsque le canon ronfle. A la moutarde ici bien loin de t'amuser,

Troque, troque, crois-moi, pour les mieux abuser. Ton beau manteau royal contre cette mandille; Vivre est essentiel, et régner est vétille.

J’apporte ici deux seaux, une sangle, un cerceau.

Il faut te déguiser, seigueur, en porteur d’eau.

GASPARIBOUL.

Ce reçit est trop long, si la fuite est pressante,

Six vers éloient assez, et tu m’en dis quarante.

(Il ôte son manteau, et met la souquenille).

Quel revers!

NADERI.

11 est grand; je ne puis le nier,

CASPARIBOUL.

Tantôt j’étois évêque, et me voilà meunier.

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