SCÈNE V
DUMONT, M- D'ALBAN, DERCY.
m""* d'alban.
Eh quoi! messieurs, vous êtes ici , et vous n'entrez pas chez moi ! Sommes-nous donc sur le ton de la cérémonie? Je croyais que vous me traiteriez avec plus de bonté.
DERCY.
Nous n'osions d'aussi bonne heure nous présenter chez vous, madame.
lo LES DEUX CANDIDATS,
m""* d'aluan.
On ne voit jamais trop tôt ses amis, monsieur; mais vous avez, vous, d'autres torts: quitter brusquement Paris !... Sans doute l'ambition. ...
Quoi, madame, vous savez que Dercy?....
M™" DALBAN.
Est candidat. Je viens de l'apprendi'e , et je sens que malgré ses torts , le coupable aurait ma voix.... si j'avais une voix.
DERCY.
Quel suffrage me flatterait autant î
DUMONT, souriant.
Ce n'est cependant pas la réunion du collège électoral qui nous procure l'honneur de vous voir, madame.
m""* d'alban.
Mais.... pas tout-à-fait, (hésitant.) Je.... me rendais, par
Mauriac, à la terre de ma tante, (Dercy témoigne de rinqnié-
tade. ) lorsque j'appris que les élections vous avaient amenés en ville. Quoique très-pressée, j'avais trop envie de vous voir, (à Dercy.) et de vous gronder, pour ne pas m'arrêter ; mais il faut que je reparte avant midi.
DERCY, à part.
Grand Dieu ! avant midi.
DUMONT
Quoi , madame , vous songez déjà à repartir ?
M™* DALBAN.
J'y suis obligée, (i Dercy.) Mais qu'avez-vous donc aujourd'hui, monsieur? Je ne vous vis jamais cet air sérieux.