DUMONT, M-^ D'ALBAN
m"* d'alban.
Savez-vous, monsieur, que votre neveu m'effraye? quel langage ! quel ton , et quel changement dans ses manières! Prenez-y garde ! cette passion secrète dont je vous ai vu rire tout à l'heure , est , je crois , très sérieuse.
DU MON T
Et je le crois aussi, madame.
M™^ DALBAN.
Vous connaissez peut-être celle qui l'inspire ?
DUMONT
Oui, madame.
m""* d'alban.
Et elle est ici ? dans cette ville ?
DUMONT
Oui, madame.
m""* d'alban.
C'est, je n'en doute point, une personne d'un m-'rite.... ^
3/» LES DEUX CANDroATS,
D TJ M O N T.
Au-dessus de tout éloge ; mais que des obstacles insurmontables éloignent de Dercy.
m"* d'alban.
Et quels obstacles donc ? vous les aplaniriez , j'en suis sûre, monsieur, si vous le vouliez.
DU MON T
La cliose ne dépend pas de moi , madame , et je n'ai garde de m'en charger.
m""* d'albAN, vivement.
Mais pour quelle raison ? si cette femme a du mérite, peut-elle être insensible à celui de votre neveu , et vous à ses chagrins ? Mais vous n'avez donc jamais aimé , monsieur ?
DUM ONT
Pardonnez-moi , madame.... , quelquefois.
M™^ d'alban.
II me semble qu'alors on doit s'intéresser aux peines des autres.... Ah ! si je n'étais obligée de partir.... mais je reviendrai vous tourmenter.... vous verrez, vous verrez ! ( cliangrant de ton. ) Aussi-bieu , aurai-je peut-être alors à vous faire part d'un événement....
DU MONT
Que je sais , madame.
m"* d'alban.
Vous savez , monsieur ?....
DUM ON T
Que votre ancien tuteur est presque déjà votre nouvel époux.
M™* d'alban, très étonnce.
Ah ! monsieur , qui vous a dit ?,... en avez-vous parlé ?