DUMONT, M- D'ALBAN, SAINT-JEAN
s. JEAN.
Oui , madame , et je serais venu vous le dire s'il n'était pas ressorti avec moi et ce M. Courville qui l'attendait. M"'* d'alban.
Comment ! M. Courville est ici ? Je ne suis plus étonnée.
DUMONT
Quel est donc ce M. Courville , madame ?
m"* d'alban.
C'est un original.... qu'il n'est pas aisé de définir : parfois franc à l'excès , souvent plus menteur qu'un
ï6 LES DEUX CANDIDATS,
journal ; du reste officieux, se mêlant de tout, ne doutant et ne s'effrayant de rien : il remplit, par exemple, à la fois, et avec une égale distinction , près de plusieurs gens en place, les fonctions de commensal ordinaire et de parasite en titre; et quoique ces fonctions ne soient point pour lui des sinécures ^ il ne craint pas de cumuler. Etabli depuis quelque temps auprès de M. Hautinval en service extraordinaire , il s'est constitué son panégyriste public, dans l'intention sans doute de le porter aux honneurs, et peut-être dans l'espoir de monter après lui.
DU MON T
N'est-ce pas ce monsieur que j'ai vu tout à l'heure • dans la cuisine, donnant ses ordres d'un air si martial? Ne porte-t-il pas l'épée aussi ?
M""^ d'alban.
Précisément, (à s. Jean.) Et que nous disais-tu "?
s. JEAN.
Qu'est-ce que je disais donc?... Ah! que M. Courville avait mis le cheval à son petit charabanc: dès qu'il vit revenir monsieur, « Il faut, lui dit-il, nous « promener dans ma petite voiture. — Vous le voulez , « lui répond mon maître; mais tous les regards ne vont- « ils pas se porter sur moi ? » Et là-dessus ce bon seigneur, qui n'a pas de vanité, me fit monter.... derrière.
M™« d'alBAX, riant.
Ensuite ?....
s. JEAX.
Nous n'étions pas à cinquante pas de la ville, qu'en passant près de la petite rivière , nous voyons tomber dans l'eau un homme : pouf! on eût dit qu'il n'atten-