SAINT-JEAN , HAUTINVAL , COURVILLE
s. JEAN, avec précaution.
Ne pourrai-je donner avis maintenant à monsieur que ce M. Dercy , vous savez , le neveu , vient de revenir ici , et qu'après avoir, ainsi que son oncle, inutilement essayé de retenir madame la Comtesse, il lui a fait ses adieux; et voilà qu'il s'en va, mais si triste, 5» triste !....
HAUTINVAL.
Eh bien , qu'est-ce que tu conclus de là ?
s. JEAN.
Ce que je conclus ? je ne conclus pas ; je ne dis pas, moi , que madame la Comtesse soit triste aussi : mais enfin il y a là quelque chose que l'on ne comprend pas, c'est clair.
HAUTINVAL.
Comment, quelque chose .^
(i) Cic. pro Murœnd , %. 7'^.
s. JEAN.
Oui , j'ai ce matin saisi deux ou trois mots du jeune homme , qui me font présumer ( bas ) qu'il en tient. /
HAUTINVAL.
Qu'est-ce que cela veut dire ?
s. JEAN, Las.
Qu'il est amoureux.
HAUTI NVAL.
Amoureux ! et de qui ?
s. JEAN , riant.
Oh ! de qui !... Monsieur s'en doute bien.
HAUTINVAL.
Moi je m'en doute, traître !
s. JEAN,
Eh! oui, si c'est.... de Madame....
HAUT! NVAL.
Ma femme !... ma pupille .^^ ce Dercy, mon rival!
COURVILLE, riant.
Ha , ha , ah , ( à s. Jean.) l'imbécille ! rival de monsieur le Comte !
s. JEAN, étonné.
Monsieur le Comte ! est-ce que M. Hautin... ?
HAUTINVAL.
Tu crois donc , double sot , avoir découvert ?...
s. JEAN.
Oh ! ce n'est pas , monseigneur , que je pense....
HAUTINVAL, avec bonté.
Eh bien , après ? parle , mon pauvre Saint-Jean.
s. JEAN.
Je disais donc que je viens de voir ce M. Dercy , en quittant Madame, pousser un soupir étouffé.... ouf î... et voilà tout.