‹ Les deux candidats, ou, Une veille d'électionsChapitre 26 sur 66 · SAINT-JEAN , HAUTINVAL , COURVILLE · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN , HAUTINVAL , COURVILLE

s. JEAN, avec précaution.

Ne pourrai-je donner avis maintenant à monsieur que ce M. Dercy , vous savez , le neveu , vient de revenir ici , et qu'après avoir, ainsi que son oncle, inutilement essayé de retenir madame la Comtesse, il lui a fait ses adieux; et voilà qu'il s'en va, mais si triste, 5» triste !....

HAUTINVAL.

Eh bien , qu'est-ce que tu conclus de là ?

s. JEAN.

Ce que je conclus ? je ne conclus pas ; je ne dis pas, moi , que madame la Comtesse soit triste aussi : mais enfin il y a là quelque chose que l'on ne comprend pas, c'est clair.

HAUTINVAL.

Comment, quelque chose .^

(i) Cic. pro Murœnd , %. 7'^.

s. JEAN.

Oui , j'ai ce matin saisi deux ou trois mots du jeune homme , qui me font présumer ( bas ) qu'il en tient. /

HAUTINVAL.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

s. JEAN, Las.

Qu'il est amoureux.

HAUTI NVAL.

Amoureux ! et de qui ?

s. JEAN , riant.

Oh ! de qui !... Monsieur s'en doute bien.

HAUTINVAL.

Moi je m'en doute, traître !

s. JEAN,

Eh! oui, si c'est.... de Madame....

HAUT! NVAL.

Ma femme !... ma pupille .^^ ce Dercy, mon rival!

COURVILLE, riant.

Ha , ha , ah , ( à s. Jean.) l'imbécille ! rival de monsieur le Comte !

s. JEAN, étonné.

Monsieur le Comte ! est-ce que M. Hautin... ?

HAUTINVAL.

Tu crois donc , double sot , avoir découvert ?...

s. JEAN.

Oh ! ce n'est pas , monseigneur , que je pense....

HAUTINVAL, avec bonté.

Eh bien , après ? parle , mon pauvre Saint-Jean.

s. JEAN.

Je disais donc que je viens de voir ce M. Dercy , en quittant Madame, pousser un soupir étouffé.... ouf î... et voilà tout.

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