ACTE II, SCENE IV. Sg
COURVI LLE.
Oui , mais de gros fermiers. Je n'y songeais parbleu pas , et cela change mes batteries. Monsieur le Comte , voici le moment de descendre nn peu de notre grandeur, de présenter la main à tout le monde.
Qui , moi !
COURVILLE
Eh sans doute ! Vous ne savez donc pas que c'est à deux heures que la plus grande partie des électeurs se réunit dans une des salles du collège , pour aviser au choix qui sera fait demain .** Vous n'avez de compétiteur dangereux que Dercy, dangereux si son oncle voulait l'appuyer ; mais ce que nous devons redouter le plus , c'est votre ancienne réputation. (iMouvoiuent de Hautinval. ) Savez-vous , mousieur, qu on vous disait ici plus fier qu'un Ecossais ?
HAUTINVAL.
Monsieur !
COURVlIiLE.
Plus vain et plus gourmé ?...
HAUT INVAI..
Employez , monsieur, d'autres termes !
COURVILLE
Oh ! il n'est pas question maintenant de bien parler, mais de vous servir; je ne sais, moi, en pareil cas, farder la vérité , ni l'entortiller dans de longs complimens. Que diantre ! vous devez sentir vous-même combien il vous importe de ménager tout le monde , et surtout IM. Dumont.
HAUTINVAL, à lai-mème.
Ambition maudite ! à quoi me rétluis-tu ? Moi flatter
4o LES DEUX CA.1>}DIDATS, ces gens-là ! me.... plier devant eux ! Oui , mais pour me relever bientôt et plus noble et plus grand. Une fois à mon but ( et j'y touche ) , de la Chambre aux dignités les plus éminentes il n'est qu'un pas Je le franchirai ! Alors enfin , quand du haut de la sphère où je me serai placé, je vous apercevrai , mes petits protecteurs, avec quelle joie mon âme jouira de votre abaissement !
COURVILLE
Eh bien , à la bonne heure ! Vous allez , en attendant, déjeuner à table d'hôte, dans une heure au plus : au dessert vous sortirez, (à pan.) Je resterai, moi , pour vous servir de trompette , et chanter vos louanges. Mais, encore une fois, gagnez M. Dumont.