‹ Les deux coupables comedievaudeville en un acteChapitre 9 sur 20 · DE BRIÈRE, LÉONCE · texte numérisé non relu

DE BRIÈRE, LÉONCE

LÉONCE, paraissant au fond , aussi enveloppé d'un manteau , et avançant la tête de même tfue de Brière. Armand!... mon cousin!... vous êtes seul ?

DE tiniÈnE , se retournant, et tris-étonné.

Hein?... parbleu! le voilà qui rentre!...

LÉONCE, virement. Oui, oui; mais....

silence!., parlez bas!,., si ma mère entendait !...

DE DttiÈnE. Comment, Léonce! quand je vous croyais couché, et dormant comme un garçon raisonnable !

LÉONCE , ôtant son manteau. Vous avez le droit de me gronder, vous, mon cousin, homme marié, sage et rangé, qui vous êtes esquivé vers deux heures, et qui...

( L'examinant. ) Eh mais ! votre toilette d’hier!... ce manteau!...

de brière. Chut!... pas si haut donc, si ma femme entendait!...

LÉONCE. Qu’est-ce que cela signifie?

DE BRIÈRE. MorMen ï. . . nous sommes aussi avancés l’iin que l'autre... je rentre à l'instant... Mais c'est h vous de vous expliquer d’abord... que s'est il passé?...

léoxce. OUI peu de chose... une affaire d'honneur :

DE BBiÉtiE. Un duel!... encore!... et sans moi!:..

LÉONCE. Je vous ai cherché partout, vous étiez parti !

DE BitiÈr.E. Mais ce duel , pourquoi?

et avec qui?

LÉONCE. Avec un M. dcS.iinte-I.ucc, que je ne connais pas autrement... et quant au motif de tua provocation, l ieu de plus raisonnable, de plus juste... car il s’agissait d une dame, d’une de mes danseuses, dont cet homme osait parler en des termes... qui in ont exaspéré... le démenti ne s’est pas fait attendre. . le tir était à deux pas. La i encontre a en lien sur-lechamp... rien pour moi, et pour lui une blessure au bras, fort légère. . voilà le résultat!

DE BB1ÉBE. Se battre pour l’bouneur d’une dame !... c’est bien ! mon élève...

c’est très-bien !... et je n’étais pas là pour être votre témoin Ali ! voilà ce qui est mal!... surtout quand je songe que, pendant ce temps, je trahissais...

LÉONCE, vivement. Hein ?... qu'est-ce vous dites?

DE brièrB. Rien!... lion!... ou plutôt, tenez, Léonce, vous êtes tin lion et loyal jeune homme, et je vous dois roufidcurc pour confidence... tuais c’est un terrible secret que je vais vous coufier !

LÉONCE. Je devine à peu près... un moment d'oubli!...

DE brière. Eli bien ! oui, mon ami, il a suffi d’un regard, d'un son de voix qui me rappelait des jours de bonheur passé., pour m’entraîner et me perdre!... Le souvenir, l’espérance, le puncb, tout cela m’a embrouillé les idées... bref!... les heures qui se sont écoulées depuis ma •ortie dn bal, je les ai passées près d'une femme... qui n’était pas la mienne... ( A part.) Je ne suis pas forcé de lui dire comment ça a tourné !

LÉONCE. Qu'est-ce que vous m’appre-

nez?...

de brière. Comment cacher ma conduite à ma femme ?

Léonce. Comment cacher mon duel à ma mère?

DE RniÈRE , allant à la cheminée h droite.

Après tout, qu’avez-vous à craindre*?

LÉONCE. A-ma dernière querelle, vous savez, à l’Opéra... ma mère ne m’a-t-elle pas menacé de s’adresser au ministre de la marine, et de me faire expédier un .

ordre de départ... C’est ce qui m’effraie...

moi, partir, quitter Paris, quand je suis amoureux comme un fou !

de ouière. Amoureux, vous, Léonce?., à la bonne heure !.. il se lance mon élève !

c’est quejc veux qu'il tne fasse bouneur...

et quelle est la femme?.

Léonce. La femme?.. Elles sont deux !

DE brière. Bravo !

LÉONCE. Oui , deux femmes, deux sentimeus, deux passions qui se disputent mon cœur, sans que je puisse rompre l'équilibre.

J'ai vu U Parnasse des Dames .

Je balance , j'bcûte encoie...

ni H là».

Et parbleu ! j’ai passé par là.

LÉOICI.

Egalement je les adore !

ni aaiàai.

Tout comme moi, je connais ça...

lkohci. .

Conscïllcx-mot dans cette affaire !

M aatàai.

Rien de plus facile...

LÎoica.

Tant mienx !

Pour choisir, que faat-il donc faire?

ni laiàat, avec mystère et en riant.

Il font prendre tontes les deux .

De mon temps je prenais les deux.

Mais enfiu quelles sont-elles?

LÉONCE. L’une d’elles est mariée... c’est vous dire quejc ne la nommerai pas...

de brière, à part. Je connais peut-être le mari...'

Léonce. L’autre’ est ma danseuse de celte nuit... elle est veuve et s’appelle M”* Sirvanes !

df. brière. Hein? M"' Sirvanes!.. (et part. ) Ah! morbleu , le tour est trop piquant... je ne veux pas qu’il l’aime, etsurtont qu’elle le sache. ., (A Léonce. ) Une veuve ? je vous conseille de ne pas tenir à la veuve. . où est l’obstacle?., la difficulté?., où est le charme?., tandis que la femme mariée... c’est plus piquant et plus honorable !

LÉONCE/ Eh quoi!., c’est vous qui me conseillez... {A part.) Ah ! c’est drôle !..

* De Brière, Léonce.

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DE briére. Oui , vous ave» raison , je me crois toujours garçon...

LÉONCE. Tenêx, pour le moment, aidezmoi plutôt à sortir d’embarras.

de briére. Vous aider!., quand j’ai moi-même besoin de conseils et de secours!.. Ma foi!., mon garçon, cherchons!

ayons de l’imagination , chacun de notre côté!

LÉONCE. Le plus pressé est de nous débarrasser de notre toilette de bal qni nous trahirait.

( I] remonte chercher son manteau qu'il avait pose’ eo entrant sur un fauteud A droite.

DE briére. Fort bien pour vous, célibataire, qui ne partagez votre 1 chambre à coucher avec personne... mais moi , cela ne m’avancerait à rien... Il faut donc que j’attende ici de pied ferme , et sous les armes !

(11 montre son habit de bal.)

LÉONCE, descendant.' Je vais passer une redingote, et si ma mère nesoupçonne rien, je soutiendrai que je me lève... Vous qui restez ici, ne laissez entrer personne chez moi , je vous en prie , pas même Michel que j’ai aperçu dormant dans l’antichambre... allons, adieu et bon courage !

(11 sort.)

(ooooo o oo c ooa oo o a o o aooo o go o oQoo o ooooe s oaooo

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