Les deux fous
Le roman historique les Deux Fous a paru pour la première fois au commencement de 1850. Il a été depuis réimprimé eu différents formats; il a été traduit en plusieurs langues étrangères, et si le mérite d'un ouvrage doit avoir pour garant le succès qu'il a obtenu , on peut dire que ce roman est un des romans contemporains qui ont trouvé le plus de lecteurs et qui ont ému le plusde sympathies. La critique aloué presquesans restriction l'idée et la forme du livre, complété et araélioi'é dans les éditions successives ; mais entre les éloges qui sont venus de toutes parts à l'auteur, il n'en est aucun qu'il mette au-dessus de la lettre suivante, écrite par notre grand poëte Victor Hugo , lors de l'apparition des Deux Fous :
« Savez-vous , mon bon et mon cher ami , que vous avez fait un bien beau livre? Je vous demande si vous le savez, parce qu'il
y a en vous quelque chose île l'admirable sini|)licité de La Fontaine (jni s'ignorait lui-inènie, cl du génie aussi. Votre Caillette m'a touché, attendri, ravi. C'est idéal souvent , toujours réel et toujours beau. J'ai lu deux fois vos Deux Fous; ce n'est qu'une fois par fou , ce n'est pas assez ; ils méritent mieux. Je vais les relire, et puis j'irai vous voir et vous dire que je vous aime du fond du cœur vous et vos livres, vos livres et vous. »
Une pareille lettre, et d'une pareille plume, est la plus précieuse récompense qu'un écrivain puisse attendre de ses travaux. C'est aussi la meilleure recommandation pour un livre, que l'honorable suffrage de Victor Hugo.
Ciémont Marot dédia son beau livre
Au roi François , qui fut son Apollon ;
lit Rabelais , d'humeur gaie et délivre ,
Au cardinal Odetde Cliàliilon :
Faut qu'un auteur ;\ Mécénas se livre.
Or, moi petit , qui n'ai connu de fait
Itoi, cardinal , (ce dont suis satisfait! )
Veux dédier, d'un cœ\ir fidèle et munde.
Ce Livre mien , hélas I trop imparfait ,
A Toi que j'aime et que mieux j'aime au monde.