‹ Les deux frèresChapitre 16 sur 77 · acte premier · texte numérisé non relu

acte premier

LE DOCTEUR

V o lis me rendez justice, et j’en suis flatté.

PHILIPPE

Docteur ! Charlotte se plaît à faire votre apologie*

LE DOCTEUR

Ne me flatte-t-on pas ?

CHARLOTTE

Oh, non ! et je pense beaucoup plus de bien de vous que je n’en dis.

le docteur.

On renoncerait difficilement à la louange, si elle passait toujours par votre bouche.

CHARLOTTE

ïïe bien ! vous me faites plaisir. — Mais qu’avezvous donc fait à cet homme?

LE DOCTEUR

Que voulez-vous? il est des gens dont on gagne la haine, uniquement parce qu’on les pénètre et qu’on les apprécie.

PHILIPPE, gaîment.

Mon cher Docteur, j’aurais mauvaise grâce de me plaindre des hommes , aujourd’hui sur-tout. le docteur.

Pourquoi ?

Je tiens ici deux mémoires acquittés, sans qu’il m?en ait rien coûté.

LE DOCTEUR, témoignant de la surprise.

En vérité?

JR

l8 LES DEUX FRERES,

PHILIPPE

Les voilà. /

LE DOCTEUR, les examinant.

Je ne connais qu’un homme capable de ce trait de bienfaisance.

PHILIPPE

Qui ?

CHARLOTTE, vivement.

Ne nous privez pas du plaisir de connaître notre bienfaiteur.

PHILIPPE, de même.

Nommez-le-moi.

LE DOCTEUR

Votre frère.

PHILIPPE, étonné.

Lui ! il aurait payé pour moi?

Je le présume du moins : il m’a souvent pressé de questions sur l’état de vos affaires.

PHILIPPE, accablé.

Ah ! vous avez chargé mon cœur d’un poids énorme.

LE DOCTEUR

Rougiriez-vous des bienfaits de votre frère?

PHILIPPE

Les bienfaits d’un ennemi. . . .

LE DOCTEUR, l’interrompant.

Sont les premiers pas sur le territoire de l’amitié. CHARLOTTE.

Quand me sera-t-il permis d’aimer mon oncle?

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