‹ Les deux frèresChapitre 21 sur 77 · ACTE SECOND, mad. WOLF, d’un ton revêche · texte numérisé non relu

ACTE SECOND, mad. WOLF, d’un ton revêche

Mais ce n’est pas ici votre place.

B U L L E R , tranquillement.

Un honnête homme n’est déplacé nulle part.

mad. wolf.

Le Capitaine est malade.

Hé bien ! je bois à sa santé.

mad. WOLF, ironiquement.

Et très - souvent , même!

B U L L E R , appuyant.

Mais non pas aux dépens d’autrui.

mad. WOLF, d’un air doux.

Ce que j’en dis, c’est par intérêt pour vous. On ruine sa santé en buvant à celle de tout le monde.

B ULLER, la regardant avec mépris.

Je ne bois pas à la santé de tout le monde.

mad. WOLF, à part.

Le brutal !

Et lorsqu’on ne boit qu’à celle des honnêtes gens, on ne risque pas de s’enivrer: n’est-ce pas, madame Volff?

mad. WOLF, d’un ton doux.

Quelle méchante liqueur buvez- vous donc là ?

Du vin — oh ! il n’est pas cher.

mad. W OLF, avec amitié.

Mon cher Buller , demandez-moi du vin , à moi , et je vous en donnerai dont vous me direz des nouvelles.

B U E L E R , la regardant fixement.

Je n’ai pas besoin d’opium pour endormir ma conscience.

mad. wolf.

Vous parlez toujours probité, honneur.... Mais vous êtes un singulier homme; — Car enfin , parlons à cœur ouvert : — pourquoi sert-on les riches? BULLER.

Pour vivre.

mad. w o L F.

Et pour s’assurer un sort.

BULLER

Non ; mais pour mériter qu’on vous l’assure.

mad. wolf.

Le Capitaine a beaucoup de bien.

BULLER

Il l’a gagné au péril de sa vie.

mad. wolf.

Il n’a point d’enfant.

BULLER, avec une expression marquée.

Il a un frère et une nièce.

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