‹ Les deux frèresChapitre 24 sur 77 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

R A F F E R, l’arrêtant.

Doucement, doucement, ne gâtons rien, mad. W O L F, accablée.

Que faire ?

Il nous reste un moyen.

mad. WOLF, d’un ton décidé.

Il faut l’employer, quel qu’il soit.

Commençons par faire suspecter de partialité ce conciliateur importun. Si je le croyais honnête homme, je serais incapable de le calomnier 5 mais il ne l’est pas , et je le prouve.

mad. wolf.

Comment ?

Vouloir vous frustrer d’un bien qui vous est dû si légitimement, n’est- ce pas outrager la vertu même? et un honnête homme pourrait-il se le permettre?

mad. wolf.

Mon cher Raffer î

Si nous parvenons à le disgracier, nous saisirons le moment de la colère du Capitaine, pour lui faire signer une donation de tous ses biens, mad. wolf.

Et si cela ne réussit pas?

RAFFER,

Alors , — adieu l’héritage !

mad. Wolf.

Et pour qui donc aurais -je travaillé depuis quinze ans ?

Pour faire une dot à la nièce.

màd. wolf.

Mon cher Raffer, il faut empêcher cela; si les choses tournaient de cette manière, vous y perdriez plus que moi : (avec tendresse) tous mes voeux, vous le savez bien, ne tendent qu’à obtenir votre chère personne.

Bien obligé.

mad. wolf.

Si j’ai travaillé jour et nuit à amasser quelque chose, c’est pour ne pas présenter une main vide à mon futur époux.

R A F F E R, d’un air de curiosité.

Vous devez être à votre aise?

mad. wolf.

Quelques milliers d’écus. — C’est une bagatelle. Toutes mes espérances étaient fondées sur le testament.

Il fallait exiger une donation entre- vifs ; c’était plus sûr.

mad. wolf.

Ne désespérons pas encore; — car en unissant nos efforts, peut-être pourrons-nous réussir. — (d’un air tendre ) Mais dans tous les cas, je vous

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