‹ Les deux frèresChapitre 72 sur 77 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

LE CAPITAINE, à Charlotte.

Parle*, je te l’ordonne.

PHILIPPE, au Docteur.

Dites, je vous en prie.

CHARLOTTE va se jeter dans les bras de son père, et s'écrie :

C’est mon père !

LE DOCTEUR, s’approchant du Capitaine , et lui montrant Philippe.

C’est votre frère !

Lui!

PHILIPPE

Lui !

( Scène muette. Les deux frères, très-émus , se jettent des regards à la dérobée. Le Docteur et Charlotte les examinent avec joie, tandis qu’Anne, au-devant du berceau, achève le tableau en restant stupéfaite. )

LE CAPITAINE, à part.

Comme il a l’air souffrant !

PHILIPPE, à part.

Comme il a vieilli !

LE CAPITAINE, à part , avec regret.

Mon frère est pauvre !

PHILIPPE, avec crainte , n’osant aller à lui.

Mon frère est riche !

LE CAPITAINE, à part.

Il a manqué du nécessaire, tandis que madame Wolf me volait!

Cf8 LES DEUX FRÈRES,

PHILIPPE, à part.

Si je cédais à mon cœur, il douterait de sa pureté.

( Silence. Charlotte, au milieu du théâtre, étend scs mains vers les deux berceaux, et avec un air touchant regarde

alternativement son père et son oncle. )

PHILIPPE se lève et fait un pas hors du berceau.

Fausse lionte ! cesse de m’arrêter.

LE CAPITAINE, à part , se levant brusquement.

Dieu me pardonne, je crois qu’il vient !

( Philippe s’arrête en voyant le mouvement de son frère. ) CHARLOTTE à son oncle , lui faisant signe de venir.

A moi, mon cher oncle!

LE CAPITAINE, très-ému.

A toi?... que. ...veux-tu.... que je fasse. ...près de toi ?

CHARLOTTE

A moi , mon père. . . .

PHILIPPE, s’approchant d’elle et lui donnant la main.

Ah ! de tout mon cœur.

CHARLOTTE, d’un ton suppliant.

Mon oncle ! mon cher oncle !

LE CAPITAINE, s’approchant comme attiré par l’aimant , et guidé par le Docteur.

Eh bien !... eh bien !... me voilà. ...

CHARLOTTE, au Capitaine.

Votre main... .

Ma main ?...

CHARLOTTE, suppliant.

Mon cher oncle!

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